Les investisseurs immobiliers vendent leurs appartements : le marché est-il en train de basculer ?

En juin 2026, les investisseurs ont acquis 1 392 appartements, soit une hausse de 64 % sur un an, un chiffre à nuancer par la faible base liée à la guerre contre l'Iran. La part des investisseurs sur le marché reste stable, tandis que le solde net des transactions demeure négatif.

ICEAuteur : Itzik Itzhaki
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Les investisseurs immobiliers vendent leurs appartements : le marché est-il en train de basculer ?
Photo : ICE / נדלן (צילום ליוסי אלוני פלאש 90)

Les investisseurs immobiliers traversent une période difficile depuis fin 2021, marquée par une hausse de la taxe sur les résidences secondaires, passée de 5 % à 8 %. Sauf changement majeur, cette mesure temporaire devrait être prolongée, maintenant une pression fiscale élevée jusqu'en 2027. Bien qu'une baisse à 6 % ait été évoquée il y a quelques mois, aucune décision n'a été actée. Dans ce contexte, la combinaison des impôts élevés et du ralentissement du marché rend de nombreux investissements peu rentables.

Les données de juin 2026, publiées par la division de l'économiste en chef du ministère des Finances, révèlent une situation contrastée. Si l'on observe un bond des achats par rapport à juin dernier, une analyse plus fine montre qu'en termes nets, les investisseurs continuent de réduire leur emprise sur le marché résidentiel israélien.

En juin 2026, les investisseurs ont acquis 1 392 appartements, soit une hausse spectaculaire de 64,3 % par rapport à juin 2025. Cette progression est toutefois à relativiser : elle s'explique principalement par la base extrêmement basse de juin dernier, période marquée par l'opération « Am Kelavi ». Par rapport à juin 2024, la hausse n'est que de 5 %, un chiffre similaire à celui enregistré en mai dernier.

La part des investisseurs dans le volume total des transactions s'est stabilisée à 16 %. La moitié des appartements acquis par ces investisseurs sont des logements neufs, le reste provenant du marché secondaire.

La réaction des investisseurs côté ventes a été vive : ils ont cédé 1 487 appartements, soit une hausse de 40,1 % sur un an et de 6 % par rapport à mai. En conséquence, les achats nets des investisseurs sont restés négatifs, leur stock de logements diminuant de 94 unités sur le seul mois de juin.

Depuis octobre 2021, date précédant la hausse de la taxe d'achat sur les investissements locatifs, au moins 8 435 appartements ont été retirés des portefeuilles des investisseurs.

Ces chiffres illustrent l'état d'esprit des investisseurs : les taux d'intérêt et la fiscalité élevée érodent la rentabilité de la détention de biens immobiliers. Les investisseurs profitent de la hausse des prix et de la reprise de la demande pour réaliser leurs actifs et quitter le marché, tandis que les nouveaux achats se concentrent principalement sur des offres de financement proposées par les promoteurs ou sur des acquisitions ciblées.

Par ailleurs, les ventes réalisées par des résidents étrangers ont atteint 60 appartements en juin, un niveau inédit depuis fin 2022, confirmant une tendance à la fuite des capitaux étrangers.

Le marché immobilier perd-il progressivement la domination des investisseurs, qui libèrent des appartements au profit des primo-accédants et des ménages souhaitant réduire leur surface ? Rien n'est moins sûr. Leur part de marché reste bloquée à 16 %, et il semble qu'ils réduisent leur présence de manière proportionnelle aux autres secteurs.

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