Julius Baer anticipe une dernière hausse des taux de la Fed en décembre
Julius Baer anticipe une dernière hausse des taux de la Fed en décembre avant une longue pause, tout en soulignant les tendances de l'inflation suisse et la pression budgétaire en France.

Le marché du travail américain ralentit, l'inflation s'atténue et les conditions financières se resserrent, réduisant l'urgence pour la Réserve fédérale de maintenir une politique monétaire agressive, selon une analyse de Julius Baer, qui examine également les évolutions en Suisse et en Europe ainsi que les risques sur les marchés obligataires.
Politique monétaire américaine et rendements obligataires
Selon David Kohl, chef économiste chez Julius Baer, la croissance de l'emploi aux États-Unis a ralentit en septembre, moins de la moitié des secteurs ayant signalé une hausse des embauches. Parallèlement, le taux de chômage et le sous-emploi ont augmenté. Outre la modération de l'indice d'inflation PCE, la hausse des rendements à long terme et le renforcement du dollar contribuent au resserrement des conditions financières.
Par conséquent, Julius Baer prévoit une dernière hausse des taux de 25 points de base lors de la réunion de la Réserve fédérale en décembre, suivie d'une longue pause. Selon les prévisions, la Fed devrait ramener ses taux entre 3,75 % et 4,00 % d'ici décembre 2027. Par ailleurs, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans devrait baisser progressivement au cours des 12 prochains mois, ciblant 5,05 % à trois mois et 4,55 % à 12 mois.
« Le ralentissement du marché du travail et le durcissement des conditions financières réduisent la nécessité d'un durcissement agressif supplémentaire de la part de la Réserve fédérale », a souligné David Kohl.
Inflation en Suisse et perspectives de la BNS
L'évolution de l'inflation en Suisse retient également l'attention. Sophie Altermatt, économiste chez Julius Baer, note que les prix de l'énergie et des carburants ont fait grimper l'inflation annuelle du pays à 1,0 % en septembre, contre 0,8 % en août. Cependant, l'inflation sous-jacente est restée modérée à 0,3 %, incitant la Banque nationale suisse (BNS) à maintenir son attentisme.
La BNS prévoit une inflation moyenne de 1,2 % au quatrième trimestre 2026 et au premier trimestre 2027, avant de retomber à 0,7 % au quatrième trimestre 2027. Le scénario de référence de Julius Baer table sur le maintien des taux directeurs inchangés dans l'attente de signes clairs de pressions inflationnistes plus larges. Selon les prévisions, cette pause pourrait durer jusqu'en septembre 2027, une hausse des taux n'étant attendue qu'au second semestre 2027, contrairement aux anticipations actuelles du marché qui intègrent une probabilité de 30 % dès décembre 2026.
Marchés obligataires européens et situation en France
En Europe, la situation en France continue de peser sur le marché obligataire. Dario Messi, responsable de la recherche sur le revenu fixe, et Afonso Borges, analyste au sein du même département chez Julius Baer, soulignent que les déficits persistants et l'impasse politique en France ont entraîné un élargissement marqué du spread de rendement entre les obligations d'État françaises et allemandes.
Le différentiel a atteint 145 points de base, soit une hausse d'environ 60 points de base depuis le début du mois de septembre. Les tensions sur le marché obligataire français ont commencé à se propager modérément aux obligations périphériques européennes, aux banques européennes et à la monnaie unique.
Cependant, Julius Baer relève que la maturité moyenne longue de la dette française permet de ralentir le rythme de refinancement des coûts d'emprunt. En cas d'aggravation et de contagion des tensions aux marchés plus larges, le mécanisme de soutien de la Banque centrale européenne (BCE) reste disponible pour intervenir.
Du point de vue des investissements, Julius Baer privilégie les obligations d'entreprises de qualité libellées en euros, jugées moins exposées au risque budgétaire français. Par ailleurs, la maison d'investissement conserve un positionnement optimiste à l'égard des obligations souveraines de la périphérie européenne.




