Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans dépassent 5 % pour la première fois depuis 2007

Les rendements obligataires américains à 10 ans ont franchi 5 % pour la première fois depuis 2007, sous l'effet de l'inflation et de la flambée du pétrole, annonçant une ère d'argent cher.

GlobesAuteur : Boaz Ben-Nun
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Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans dépassent 5 % pour la première fois depuis 2007
Photo : Globes / וול סטריט / צילום: Unsplash, Chenyu Guan

Le marché obligataire envoie un signal fort : l'argent pourrait rester bien plus cher que ne l'espéraient les investisseurs. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a franchi le seuil de 5 %, atteignant environ 5,04 % en cours de séance, soit son niveau le plus élevé depuis 2007. Cette envolée reflète la pression combinée de l'inflation, de la hausse des prix de l'énergie, de taux d'intérêt durablement élevés et des inquiétudes concernant la dette souveraine.

Ce phénomène n'est pas limité aux États-Unis. Les rendements augmentent également à l'échelle internationale : au Japon, le taux à 10 ans a dépassé 3 %, un pic inédit depuis trois décennies, tandis que le rendement du Bund allemand évolue autour de 3,5 %. Selon Reuters, le rendement moyen des obligations à 10 ans des pays du G7 a atteint 4,285 %, son plus haut niveau depuis mi-2008.

Pourquoi les rendements augmentent-ils ?

Plusieurs forces agissent de concert : la crainte de l'inflation, les anticipations de taux directeurs élevés, la flambée des cours pétroliers et l'abondance de l'offre obligataire. Les États-Unis doivent émettre des volumes colossaux de dette pour financer leur déficit et refinancer les emprunts existants. Face à une telle offre, les investisseurs exigent des rendements plus élevés.

En d'autres termes, lorsque l'offre obligataire dépasse la demande, les prix des obligations baissent, provoquant mécaniquement une hausse de leurs rendements.

Le facteur énergétique et les banques centrales

Les cours du pétrole ont franchi la barre des 100 dollars le baril sur fond de guerre en Iran et de craintes de perturbations énergétiques. Un brut plus cher se répercute sur les carburants, les transports et les biens de consommation, alimentant les tensions inflationnistes.

Pour les banques centrales, la tâche se complique : abaisser les taux devient ardu lorsque l'inflation rebondit. Les marchés intègrent dès lors des taux élevés plus longtemps.

Conséquences pour les marchés boursiers

Les obligations d'État américaines servent de taux de référence sans risque. Si un investisseur obtient environ 5 % sans risque, il exigera une prime de risque accrue pour investir dans les actions, pesant particulièrement sur les valeurs technologiques et de croissance.

Répercussions sur l'économie israélienne

Ces évolutions mondiales pèsent également sur Israël. Des taux directeurs élevés à l'échelle internationale limitent la marge de manœuvre de la banque centrale, renchérissent le crédit immobilier et pèsent sur le taux de change du shekel, renforçant le risque inflationniste local.

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