Israël cible des dizaines de milliers de sociétés de personnes non enregistrées
L'Autorité des sociétés en Israël ordonne la régularisation de plus de 22 000 sociétés de personnes non enregistrées sous peine de sanctions fiscales.
La registrateure des sociétés de personnes et cheffe de l'Autorité des sociétés au ministère de la Justice, Me Shuli Avni-Shoham, a adressé 22 370 lettres d'avertissement à des sociétés de personnes non enregistrées. Les avis préviennent que l'absence d'immatriculation en règle dans un délai de 45 jours entraînera des sanctions administratives et un signalement à l'administration fiscale israélienne pour vérification fiscale.
Cette offensive fait suite à de vives critiques du Contrôleur de l'État reprochant à l'office d'avoir négligé l'obligation d'enregistrement, un manquement ayant entraîné une perte de centaines de millions de shekels par an. Le rapport a révélé que de nombreux associés ne déclaraient ni leur statut ni la totalité de leurs revenus.
Une obligation légale impérative
Les lettres soulignent que l'enregistrement constitue une obligation légale visant à garantir la transparence envers les tiers et les autorités fiscales. À défaut de régularisation, l'administration exercera ses pleins pouvoirs et saisira l'administration fiscale.
Le statut de société de personnes est très prisé par les cabinets d'avocats, d'experts-comptables et de professions libérales en raison de sa simplicité de constitution.
Transparence fiscale et lacunes de conformité
Sur le plan fiscal, une société de personnes est une entité transparente. Elle ne dépose pas de déclaration de revenus propre, les bénéfices étant imposés directement entre les mains des associés. Toutefois, le Contrôleur de l'État a constaté que de nombreux associés omettent de déclarer leur participation.
Entre 2017 et 2023, environ 43 000 sociétés ont opéré en Israël pour un chiffre d'affaires cumulé de 1,535 billion de shekels, mais 93% d'entre elles n'étaient pas enregistrées. L'amende pour non-enregistrement, inchangée depuis 1975, s'élève à 15 liras par jour et par associé, soit moins d'un agora actuel.
Contrôles croisés et défis de transition
Actuellement, environ 8 000 sociétés sont enregistrées, mais l'Autorité a identifié 26 000 entités enregistrées auprès de la TVA sans l'être auprès du registre. Un contrôle croisé avec l'administration fiscale a permis d'isoler ces structures.
Des experts soulignent toutefois que cette injonction de régularisation en 45 jours risque de perturber lourdement les systèmes bancaires, informatiques et contractuels de milliers d'entreprises établies depuis des années.
