Le rapport financier de l'État évalue à 231 milliards de shekels les coûts de guerre
Le rapport financier de l'Auditrice générale indique que les dépenses de guerre directes ont atteint 231 milliards de shekels entre 2023 et 2025, pérennisant le budget de la défense à environ 8 % du PIB et alourdissant durablement les charges sociales.

L'auditrice générale a publié les états financiers de l'État d'Israël, un document exhaustif de quelque 470 pages récapitulant l'ensemble des actifs et passifs des ministères, des unités administratives, des sociétés publiques et des organismes statutaires. Couvrant les données financières de 209 entités, l'importance majeure de ce document réside dans l'instauration d'un processus de travail interne rigoureux. Si la plupart des organismes disposent désormais de comptes audités, des exceptions notables subsistent, à l'instar du ministère de la Défense, qui ne présente encore que des projets de rapports non audités — une situation que l'administration de l'auditrice générale s'emploie activement à corriger.
L'un des principaux mérites de ce rapport est de dresser un panorama transversal des dépenses liées au conflit. Entre 2023 et 2025, le gouvernement a ainsi engagé environ 231 milliards de shekels au titre des dépenses militaires directes, un montant qui exclut l'exercice 2026 ainsi que le manque à gagner fiscal. Ces dépenses se répartissent en trois grands postes : la défense (166 milliards), les indemnisations (27,3 milliards) et la reconstruction ainsi que les dépenses civiles (37,9 milliards).
Une explosion pérenne du budget de la défense
Le budget global de la défense, qui s'établissait à 75 milliards de shekels (soit 4,3 % du PIB) en 2022, a connu une ascension fulgurante pour atteindre 98 milliards en 2023, 168 milliards en 2024, 166 milliards en 2025 et au moins 158 milliards de shekels pour 2026. Par conséquent, les dépenses de défense se stabilisent aux alentours de 8 % du PIB. Sur ce total, l'auditrice générale évalue à 166,2 milliards de shekels les coûts spécifiquement imputables à la guerre.
L'analyse détaillée met en lumière des mutations structurelles. Le budget consacré aux invalides de Tsahal et aux familles endeuillées a atteint 11 milliards de shekels en 2025 et devrait culminer à 13,9 milliards en 2026, contre 7,3 milliards seulement en 2023. De même, la masse salariale militaire est passée de 31 milliards en 2023 à 36,5 milliards en 2025. Quant aux coûts des réservistes, ils sont passés de 8,7 milliards en 2023 à 37 milliards en 2024, avant de se maintenir à un niveau élevé de 32 milliards en 2025.
L'idée selon laquelle le budget de la défense sera considérablement réduit relève de l'illusion ; nous devons nous habituer à des budgets militaires élargis, l'appareil de sécurité visant un point de départ de 117 milliards de shekels pour 2027.
Bond spectaculaire des allocations pour victimes d'hostilités
Les dépenses sociales et humanitaires enregistrent elles aussi une hausse historique. Les versements de l'Institut national d'assurance (Bituach Leumi) en faveur des victimes d'actes terroristes sont passés d'un demi-milliard de shekels par an avant le conflit à 1,5 milliard en 2023, 2,5 milliards en 2024 et 3,6 milliards en 2025. Les pensions d'invalidité pour actes d'hostilité ont ainsi été multipliées par neuf, passant de 200 millions à 1,7 milliard de shekels par an.
Sur le plan humain, le bilan demeure lourd : depuis le 7 octobre, environ 119 000 demandes ont été déposées auprès de l'assurance nationale, dont 87 000 ont été reconnues. En date de septembre 2026, les registres recensent 1 024 civils tués, 298 conjoints survivants, 1 201 parents endeuillés et 1 199 orphelins, dont 120 ont perdu leurs deux parents.
Fonds d'indemnisation et chantiers de reconstruction
Le fonds de compensation des taxes foncières a versé environ 27 milliards de shekels d'ici la fin 2025 pour couvrir les dommages directs et indirects de la guerre. Ce montant a atteint 37 milliards en septembre 2026, ne laissant plus que 2,8 milliards de shekels dans les caisses. L'auditrice générale Michal Abadi-Boiangiu a salué le modèle du fonds d'impôt foncier qui permet à l'État de mobiliser des fonds hors budget en situation d'urgence, tout en n'excluant pas un épuisement des réserves avant le budget 2027.
Les efforts de reconstruction s'articulent autour d'administrations dédiées. La direction Tkuma s'est vu doter d'un budget de 17,5 milliards de shekels jusqu'en 2028, dont 11,6 milliards ont fait l'objet d'engagements et 5,4 milliards ont été décaissés fin 2025. Concernant la réhabilitation du nord du pays, la direction « Tnufa la-Tsafon », dotée de 29 agents, s'appuie désormais sur un plan pluriannuel adopté en juin 2026 et assorti d'une enveloppe additionnelle de 6,6 milliards de shekels.





