Newton, Spinoza et Maïmonide dévoilent les secrets de l'existence à la Bibliothèque nationale
La Bibliothèque nationale d'Israël inaugure l'exposition « La question des questions », explorant les mystères de l'univers à travers les œuvres de grands penseurs, de Newton à Maïmonide.
La Bibliothèque nationale a inauguré sa nouvelle exposition, « La question des questions : sur les secrets de l'univers et de l'existence ». Elle révèle une facette méconnue d'Isaac Newton : le brillant physicien et mathématicien, qui a mis au jour l'ordre mathématique de la nature, était également un théologien passionné par le mysticisme et l'alchimie.
L'exposition présente des pièces rares, notamment des manuscrits de Newton et du philosophe Baruch Spinoza, ainsi que des ouvrages de Maïmonide et d'Ibn Sina. Ces documents abordent les grandes interrogations de l'existence : la structure de l'univers, la nature du temps et le but de la vie humaine.
Un dialogue à travers les siècles
Les manuscrits de Newton ont rejoint la bibliothèque après qu'un économiste et un orientaliste britanniques ont identifié leur importance théologique et alchimique en 1936. L'exposition met également en lumière :
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Un manuscrit enluminé du « Michné Torah » de Maïmonide.
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Une traduction hébraïque du « Canon de la médecine » d'Ibn Sina.
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Les écrits d'Ibn Rushd, le philosophe de Cordoue considéré comme le « père du rationalisme ».
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Les travaux de Johannes Kepler et de Galilée.
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L'exemplaire personnel du « Traité théologico-politique » de Spinoza, annoté de sa main.
Les commissaires Neta Asaf, Karin Shabtai et Noa Manheim soulignent que ces érudits circulaient librement entre la médecine, la philosophie, l'astronomie et la religion. « Aujourd'hui, nos connaissances sont fragmentées », explique Neta Asaf. « Nous avons l'habitude de séparer les sciences humaines des sciences naturelles, mais il n'en a pas toujours été ainsi. L'exposition nous invite à décloisonner les domaines du savoir. »
Une pertinence à l'ère de l'IA
Noa Manheim, co-commissaire, souligne l'actualité de cette démarche : « C'est l'occasion de voir comment des questions qui nous préoccupent aujourd'hui, comme celle de la définition de l'humanité à l'ère de l'IA, ont été traitées par des penseurs comme Aristote ou Thomas d'Aquin. »
L'exposition remet en question notre pensée binaire. Nous avons tendance à opposer science et mysticisme, alors que ces penseurs utilisaient ces systèmes pour des recherches approfondies. L'exposition illustre un dialogue intense entre le judaïsme, le christianisme et l'islam, où la pensée grecque, transmise par des intermédiaires juifs, a façonné un héritage intellectuel commun. C'est une invitation à briser les frontières théologiques, linguistiques et géographiques.