Le Trésor israélien prépare une vaste réforme fiscale pour le budget 2027
Face aux pressions budgétaires, le ministère israélien des Finances met en place un comité interne pour réformer en profondeur le système fiscal en vue du budget 2027.
Les dernières semaines ont été marquées par une multiplication d'informations concernant des réformes fiscales en Israël, qu'il s'agisse de droits de succession, d'impôts fonciers ou de la fiscalité des fonds de formation (keren hishtalmut). Ces travaux découlent d'une initiative globale : le ministère des Finances a récemment mis sur pied un comité interne chargé d'un examen transversal du système fiscal israélien. Ce comité est dirigé par Shay Aharonovich, directeur de l'Autorité fiscale, Maharan Proznfer, chef du département du budget, et le Dr Shmuel Abramzon, économiste en chef.
La création de cette commission répond à une combinaison d'opportunité, de nécessité impérative et de leçons tirées du passé. L'opportunité réside dans le calendrier politique. À l'approche des élections pour la 26e Knesset prévues le 27 octobre 2026, l'identité du futur ministre des Finances demeure incertaine, mais les nouveaux gouvernements disposent traditionnellement d'une marge de manœuvre propice aux réformes structurelles dès leur entrée en fonction. En outre, contrairement aux cycles budgétaires ordinaires, l'élaboration du budget de l'État pour 2027 n'a pas encore débuté, offrant au Trésor un répit précieux pour repenser la fiscalité en profondeur.
Impératifs budgétaires et rééquilibrage de la charge
Du point de vue budgétaire, la nécessité d'une réforme s'impose en raison de l'envolée des dépenses publiques. Les coûts liés à la défense, au service de la dette et aux efforts de reconstruction pèseront sur les finances publiques pendant des décennies, exigeant un retour à des niveaux de déficit permettant de réduire le ratio dette/PIB. Bien que cet impératif soit incontestable, certains hauts fonctionnaires du Trésor nuancent l'approche, affirmant que le comité ne se focalise pas uniquement sur l'augmentation des recettes, mais cherche également à corriger les iniquités du système actuel, jugé trop lourd pour les classes moyennes.
Un troisième facteur déterminant est la frustration suscitée par le train de mesures fiscales adopté à la hâte pour le budget 2025. S'il était urgent d'accroître les rentrées de fonds de l'État, la méthode employée a été jugée sous-optimale : augmentation de l'impôt sur le revenu des salariés, manque d'évaluation des réformes sur les bénéfices non distribués et persistance d'exonérations injustifiées. L'objectif est cette fois de présenter un ensemble cohérent de mesures incitatives et coercitives dès l'adoption du prochain budget.
Pistes de réforme et fiscalité du numérique
Sur le plan pratique, les équipes du Trésor n'ont pas encore arrêté de conclusions définitives, et les arbitrages politiques futurs modifieront inévitablement les propositions. Néanmoins, certaines orientations se dessinent clairement. Par exemple, l'idée d'instaurer un impôt sur les successions a été définitivement écartée face aux incertitudes techniques et économiques.
En revanche, le Trésor préconise d'élargir les tranches d'imposition pour alléger la pression fiscale sur les revenus moyens et supérieurs, envisageant notamment un relèvement du seuil de la tranche de 31 %. Parallèlement, l'institution étudie une réduction des avantages fiscaux liés aux enfants et la suppression de certaines exonérations de TVA, telles que l'imposition des services numériques importés — surnommée la « taxe Netflix » — ainsi que les exemptions sur le tourisme, les fruits et légumes et la zone franche d'Eilat, sous réserve d'un consensus politique.
Concernant les fonds de formation (keren hishtalmut), le maintien de l'exonération des plus-values ne serait garanti que jusqu'au terme de la sixième année d'épargne.
Intelligence artificielle et fiscalité de l'avenir
Dans un document récent, l'économiste en chef s'est penché sur les défis fiscaux posés par l'intelligence artificielle. Tout en s'opposant à une taxation directe de la consommation d'IA, il suggère d'anticiper le recul des recettes assises sur le travail en diversifiant les sources de revenus de l'État, notamment par le biais d'un impôt foncier sur les terrains vacants.
Enfin, l'économiste en chef insiste sur la nécessité de préserver la compétitivité d'Israël, en particulier dans le secteur technologique, soulignant que le régime fiscal doit continuer d'encourager l'innovation et l'investissement étranger face aux mutations technologiques mondiales.
