Israël : de nouvelles règles de sécurité sur les chantiers renforcent la responsabilité
Les nouvelles réglementations sur la sécurité des chantiers en Israël, en vigueur le 16 octobre, élargissent la responsabilité des promoteurs et imposent des coûts de conformité estimés à 250 000 NIS par an.
À partir du 16 octobre, de nouvelles réglementations sur la sécurité sur les chantiers de construction entreront en vigueur en Israël, élargissant considérablement la responsabilité légale des promoteurs et des donneurs d'ordre. Approuvées il y a un an après un long processus législatif, ces règles visent à enrayer le taux élevé d'accidents du travail, en particulier dans le secteur de la construction.
Selon les données de l'organisation Kav LaOved arrêtées à fin septembre 2026, les chantiers de construction ont enregistré 238 blessés, dont 30 décès, soit plus de la moitié des 55 morts au travail recensés tous secteurs confondus. Le secteur fait également face à un manque criant de professionnels qualifiés et à des coûts de mise en conformité estimés à environ 250 000 NIS par an et par promoteur.
Élargissement de la chaîne des responsabilités
Jusqu'à présent, la responsabilité principale en matière de sécurité incombait au conducteur de travaux et à l'entrepreneur. Les nouvelles dispositions modifient profondément ce paradigme en étendant les obligations juridiques au maître d'ouvrage. Cette définition s'applique non seulement aux promoteurs immobiliers traditionnels, mais à toute entité publique, privée ou gouvernementale commandant des travaux.
Me Hila Schéمون, associée et spécialiste du droit pénal des affaires et de la sécurité au travail au cabinet Gornitzky GNY, souligne que cette réforme engendre une exposition juridique accrue. "Le législateur introduit de nouveaux acteurs dans le cercle de la responsabilité en matière de sécurité, notamment les donneurs d'ordre", explique-t-elle. Désormais, le promoteur doit veiller à l'élaboration d'un plan de sécurité, allouer les ressources nécessaires et nommer un contrôleur de sécurité indépendant.
Défis de conformité et coûts financiers
La transition exige une restructuration organisationnelle majeure. Les entreprises doivent réviser leurs contrats de sous-traitance, formaliser des protocoles de contrôle interne et intégrer des mécanismes de suivi continu. Les estimations sectorielles indiquent que la mise en conformité coûtera environ 250 000 NIS par an aux promoteurs, un montant qui variera selon la complexité des projets.
Me Pnina Shafer Emanuel et Me Yaron Dagan, du cabinet S. Horowitz & Co., soulignent les difficultés pratiques liées à l'application de ces règles aux chantiers en cours, notamment l'obligation de réexaminer des contrats signés bien avant l'entrée en vigueur de la loi. Ils pointent également la pénurie imminente de contrôleurs de sécurité certifiés, une situation aggravée par le manque de main-d'œuvre qualifiée sur le marché.
Mesures pratiques pour les entreprises
Face à ces défis réglementaires, les experts recommandent aux entreprises de prendre des mesures immédiates :
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Cartographier les projets : Auditer les chantiers en cours et à venir pour identifier l'exposition juridique.
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Identifier le maître d'ouvrage : Déterminer clairement le détenteur du permis ou du bien immobilier.
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Mettre à jour les contrats : Intégrer les clauses relatives à l'allocation des ressources de sécurité et à la nomination des contrôleurs avant le début des travaux.
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Instaurer un contrôle interne : Mettre en place des mécanismes de réception et de traitement des rapports de sécurité dans un délai strict de 48 heures.