Campagne en Israël : "Yashar!" met en demeure Smotrich pour une vidéo par IA
La campagne électorale en Israël déplace les affrontements politiques devant les tribunaux, le parti "Yashar!" menaçant Bezalel Smotrich de poursuites après une vidéo générée par IA.

La campagne électorale intense qui bat actuellement son plein ne secoue pas seulement le système politique et le public israélien, elle fait également peser une charge sans précédent sur les épaules des juges. À l'approche du jour du scrutin, les batailles politiques se déplacent rapidement des médias et des réseaux sociaux vers les salles d'audience, contraignant les magistrats à faire face à une chaîne interminable de litiges juridiques et de requêtes urgentes.
L'escalade de la rhétorique, les échanges acerbes et la compétition serrée pour chaque voix entraînent un flot de requêtes exigeant des réponses immédiates. Les partis et les personnalités politiques submergent le système judiciaire de demandes d'injonctions contre les spots publicitaires de campagne, de recours pour infractions aux lois électorales, d'allégations d'incitation et de conflits internes.
La Bataille Juridique Autour des Vidéos IA
Un cas exceptionnel et récent, qui illustre l'intensification de la lutte juridique, oppose le parti "Yashar!" dirigé par Gadi Eisenkot au ministre Bezalel Smotrich et au parti "Sionisme religieux". Par l'intermédiaire de Me Uri Haberman, la formation d'Eisenkot a adressé une mise en demeure urgente à Smotrich concernant une vidéo de propagande générée par intelligence artificielle (AI) et publiée sur son compte X.
Dans la vidéo en question – à laquelle il ne participe nullement –, le président de la Cour suprême Yitzhak Amit, la juge Daphne Barak-Erez et la procureure générale Gali Baharav-Miara sont représentés comme s'ils participaient à une manifestation politique contre Smotrich, se livrant à des émeutes et étant traînés de force par des policiers. Cette publication s'inscrit dans le cadre du lancement d'un programme conjoint du ministre des Finances et du président de la commission des Lois, Simcha Rothman, en faveur d'une nouvelle réforme judiciaire.
"Smotrich prouve une fois de plus qu'il n'y a pour lui aucune ligne rouge à ne pas franchir et aucune institution de l'État qu'il ne piétinerait pour obtenir une voix de plus dans les urnes."
Menaces de Poursuites Pénales
Le courrier affirme que cette diffusion constitue une infraction pénale grave d'outrage à magistrat (passible de trois ans de prison), tout en faisant un usage illicite et dangereux de l'image et du statut officiel de hauts responsables de la justice à des fins de propagande électorale.
Le parti "Yashar!" a souligné qu'il ne s'agit pas d'une critique légitime, mais d'une incitation dangereuse et de la création d'une fausse réalité attribuant des comportements criminels à l'élite de l'État de droit. Il a été exigé de Smotrich qu'il retire la vidéo de tous ses canaux.





