Heure d'hiver et TDAH : comment l'absence de lumière affecte la concentration

Le passage à l'heure d'hiver perturbe les personnes souffrant de TDAH en raison de la baisse de luminosité. Des experts recommandent l'exposition matinale à la lumière et des routines strictes.

Heure d'hiver et TDAH : comment l'absence de lumière affecte la concentration
Photo d'illustration FilIsrael : AI Generated

Le passage à l'heure d'hiver et la diminution de la luminosité diurne posent des défis particuliers aux enfants et aux adultes souffrant de troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). De nombreux parents rapportent que durant cette période, les enfants éprouvent davantage de difficultés à se concentrer sur leurs devoirs, ressentent une fatigue accrue et font preuve d'agitation. Le Dr Manuel Katz, chef du pôle TDAH et médecin-chef de la société Femi, président du Centre Goshen et ancien président de l'Association pédiatrique d'Israël, explique qu'il ne s'agit pas seulement d'un ressenti subjectif, mais d'un impact physiologique et environnemental réel sur le fonctionnement cérébral et la concentration.

L'impact des journées courtes sur la concentration

L'effet de la saison hivernale découle de l'exacerbation des symptômes existants par la perturbation de l'horloge biologique, du sommeil et de l'humeur. Le corps humain fonctionne selon un mécanisme interne qui détermine les cycles d'éveil et de sommeil, le signal principal étant l'exposition à la lumière du jour le matin. « Chez les personnes et les enfants atteints de TDAH, l'horloge biologique a tendance à être naturellement décalée, entraînant des difficultés à s'endormir tôt », explique le Dr Katz.

« Lorsque les jours raccourcissent et qu'il y a moins de lumière matinale, l'horloge biologique s'ajuste moins bien. Si l'heure de réveil reste fixe, cela engendre un manque de sommeil cumulé. » Le Dr Katz souligne que le manque de sommeil nuit directement à la capacité de concentration, à la patience et au contrôle des impulsions, même chez les personnes ne souffrant pas de TDAH.

De plus, des études scientifiques démontrent un lien étroit entre les saisons et les symptômes du TDAH, ainsi qu'une corrélation avec la dépression saisonnière, qui se manifeste par de la fatigue, une baisse d'énergie et un besoin accru de sucre. Des chercheurs ont constaté que les taux de diagnostic de TDAH sont plus faibles dans les pays ensoleillés que dans les nations froides. Bien que des études préliminaires menées auprès d'adultes montrent que la luminothérapie aide à avancer l'horloge biologique et à améliorer les symptômes du TDAH, le Dr Katz tient à rassurer : Israël n'est pas un pays d'Europe du Nord et, même au cœur de l'hiver, de nombreuses heures d'ensoleillement modèrent ce phénomène. La perturbation principale en Israël est principalement ressentie lors du changement d'heure, qui affecte les habitudes de sommeil des enfants pendant plusieurs semaines.

Mesures pratiques pour aider les familles

Pour faciliter l'adaptation, il est recommandé de commencer une préparation graduelle avant le changement d'heure en modifiant les heures de coucher et de lever de 10 à 15 minutes chaque jour. Maintenir une routine fixe et prévisible, tout en veillant à un environnement de sommeil calme et sans écrans le soir, est particulièrement crucial pour les enfants atteints de TDAH.

« L'un des outils les plus efficaces est l'exposition à la lumière du jour aux heures matinales. Marcher jusqu'à l'école, s'asseoir près d'une fenêtre éclairée ou passer un moment sur le balcon fournit au corps la lumière du jour nécessaire pour régler l'horloge interne », indique le Dr Katz.

Par ailleurs, la pratique d'une activité physique en extérieur contribue à améliorer l'humeur et le sommeil, car en hiver, on a tendance à rester cloîtré et à passer plus de temps devant les écrans. Enfin, le Dr Katz conseille d'être attentif à l'humeur de l'enfant et de consulter un médecin si les difficultés persistent plusieurs semaines ou nuisent à son fonctionnement scolaire et social.

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