Une crise financière menace l’Autorité palestinienne en raison de la banque correspondante
Les banques israéliennes refusent de coopérer avec leurs homologues palestiniens. Nous expliquons ce qu’est la banque correspondante et pourquoi ce système est en péril.
Chaque semaine, nous expliquons des notions professionnelles issues des mondes de l’administration et de la politique, qui apparaissent dans des contextes d’actualité, afin d’approfondir la connaissance des lecteurs sur le système public et son influence sur leur vie. Le Moniteur est une collaboration entre Globes et le Centre pour l’autonomisation des citoyens, publiée une fois toutes les deux semaines les jeudis sur le site de Globes.
La notion
Banque correspondante : la fourniture de services bancaires par une banque à une autre, tels que le clearing, la gestion des comptes et les transferts internationaux de fonds.
Le contexte actuel
La semaine dernière, les banques Discount et Poalim, qui servent de banques correspondantes pour les banques de l’Autorité palestinienne, ont informé le ministère des Finances qu’elles devraient arrêter les transferts bancaires vers l’Autorité dans un délai de deux à trois mois, en raison de l’intensification des risques liés au financement du terrorisme. Elles exigent de l’État qu’il prenne en charge ces risques en activant une banque gouvernementale, comme il s’y était engagé.
Qu’est-ce que la banque correspondante ?
La banque correspondante est la fourniture de services bancaires par une banque à une autre. Ces services incluent la gestion de comptes dans différentes devises, les transferts internationaux, le clearing des chèques et les services de change. Cet arrangement permet aux banques locales d’accéder aux marchés financiers étrangers via une banque intermédiaire, sans avoir à établir de succursales à l’étranger, facilitant ainsi les opérations financières internationales.
L’arrangement avec l’Autorité palestinienne
Dans le cadre des accords d’Oslo, le « protocole de Paris » régit les relations économiques entre Israël et l’Autorité palestinienne. Il prévoit le maintien de relations de banque correspondante et le droit pour l’Autorité palestinienne d’échanger ses excédents de shekels contre des devises étrangères à la Banque d’Israël.
Aujourd’hui, les liens bancaires reposent sur Poalim et Discount, qui effectuent pour l’Autorité palestinienne un clearing d’environ 51 milliards de shekels par an. Cependant, les lois contre le financement du terrorisme exposent les banques israéliennes à des risques juridiques, notamment concernant les transferts vers les familles de terroristes. Pour les compenser, le gouvernement émet une « lettre d’indemnisation » garantissant la couverture des pertes, tandis que le conseil juridique du gouvernement les protège des conséquences pénales. Ces mesures sont temporaires.
Les banques israéliennes ne sont pas satisfaites de cette situation. Dès 2016, elles ont annoncé leur intention de cesser ces services. Une équipe interministérielle a recommandé la création d’une société publique pour représenter le système bancaire palestinien dans le dispositif de paiements israélien. Bien que le cabinet ait adopté cette recommandation en 2018 et l’ait mise à jour en 2022, elle n’a jamais été mise en œuvre, poussant les banques à décider de suspendre leurs relations de correspondance.
Pour aller plus loin :
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Banque d’Israël : Revue du dispositif de paiements en Israël
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Site du Congrès des États-Unis : Aperçu général de la banque correspondante
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Banque européenne pour la reconstruction et le développement : Banque correspondante





