TotalEnergies plafonne les carburants à 1,99 euro face au conflit
TotalEnergies plafonne l'essence à 1,99 euro et le gاس à 2,25 euros malgré un coût de 300 millions d'euros, s'attirant les foudres des stations indépendantes sur fond de profits records.

TotalEnergies plafonne les prix des carburants sur fond de crise
Face à la hausse des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient, le géant énergétique français TotalEnergies a choisi de limiter les tarifs dans ses stations. Sous la direction du PDG Patrick Pouyanné, l'entreprise a fixé un plafond de 1,99 euro par litre pour l'essence et de 2,25 euros pour le gاس. Mi-septembre, alors que les prix moyens en France atteignaient environ 2,15 euros pour l'essence et 2,35 euros pour le gاس, cet écart a attiré de nombreux automobilistes.
Ce geste de soutien a un coût. Fin août, Patrick Pouyanné a estimé que le plafonnement des tarifs avait coûté entre 250 et 300 millions d'euros à l'entreprise. En parallèle, TotalEnergies a vu sa part de marché en France progresser d'environ 22 % à environ 25 %. La direction a souligné l'affluence dans les stations et l'amélioration de son image publique, tout en précisant que cette hausse de la clientèle ne neutralise pas le coût des remises.
Des bénéfices records et la fronde des indépendants
Parallèlement, les résultats financiers affichent des profits colossaux. Au premier semestre 2026, le bénéfice net de TotalEnergies s'est établi à environ 11,2 milliards de dollars, soit une hausse de 72 % par rapport à la même période de l'année précédente. Ce chiffre reflète l'ensemble des activités mondiales du groupe, favorisé par la cherté de l'énergie et les marges de raffinage, et non pas seulement la distribution en France.
Du côté de la concurrence, cette stratégie suscite une vive opposition. Une organisation représentant un millier de stations-service indépendantes en France a saisi en juillet l'Autorité de la concurrence pour abus de position dominante et concurrence déloyale. Les plaignants soutiennent que TotalEnergies peut se le permettre grâce à ses activités d'extraction et de raffinage.
Patrick Pouyanné s'est engagé fin août à maintenir le bouclier tarifaire tant que durera le conflit, tout en prévenant que l'imposition éventuelle de taxes sur les superprofits pourrait mettre un terme à cette politique.





