Perspectives macroéconomiques : Dix facteurs clés façonnant le paysage financier

Une analyse des principaux facteurs macroéconomiques de l'économie israélienne et mondiale met en lumière les élections, la volatilité du pétrole et les taux.

N12Auteur : Merav Arad
Source
Perspectives macroéconomiques : Dix facteurs clés façonnant le paysage financier
Photo : N12 / שטרות כסף, אילוסטרציה | צילום: 123rf

Une analyse des principaux facteurs macroéconomiques qui façonnent l'économie israélienne et mondiale révèle un paysage complexe marqué par l'incertitude politique, la volatilité des marchés énergétiques et les fluctuations des taux d'intérêt. Après une période de croissance prolongée, les marchés se recalibrent à l'approche de 2026.

1. Les élections doubles

Israël se rend aux urnes le 27 octobre 2026, suivi des élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre. L'imbrication de ces deux échéances électorales crée un environnement de politique économique particulièrement sensible. Les sondages en Israël présentent un tableau divisé, le bloc d'opposition oscillant entre 58 et 60 mandats et la coalition entre 50 et 52, ne laissant aucune majorité claire. Parallèlement, les dépenses de défense ont grimpé à environ 8 % du PIB, la dette publique a augmenté et le coût de la vie est redevenu central.

Le risque principal réside dans le facteur temps. Une élection sans vainqueur clair entraîne de longues négociations de coalition, contraignant l'État à fonctionner avec un budget de continuité qui gèle les nouvelles initiatives et retarde le budget 2027 et les réformes du logement. À l'inverse, un résultat décisif réduit la prime de risque du pays et renforce le shekel.

2. L'Iran et les marchés pétroliers

Le brent se négocie au-dessus de 108 dollars et le pétrole américain près de 102 dollars à la suite d'une forte hausse. L'escalade de ces derniers mois a fait grimper les prix, les marchés intégrant un conflit prolongé. Des coûts énergétiques élevés se répercutent directement sur les carburants, le transport et l'alimentation, mettant à l'épreuve les cycles d'assouplissement monétaire des banques centrales. Toutefois, en cas de cessation des hostilités, les prix de l'énergie ont tendance à baisser rapidement.

3. Divergences de taux d'intérêt

La Banque d'Israël a abaissé son taux directeur à 3,25 % à la suite de baisses successives, favorisée par un shekel fort et une inflation inférieure à l'objectif, maintenant le taux prime à 4,75 %. À l'échelle mondiale, les banques centrales adoptent des trajectoires différentes, la Banque centrale européenne ayant relevé ses taux de dépôt à 2,5 %.

4. Rendements obligataires mondiaux

Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans approchant 4,95 % reflètent la hausse de la dette publique dépassant le seuil des 40 000 milliards de dollars. Ce phénomène mondial élève les coûts du capital, influençant les taux hypothécaires et les multiples de valorisation des actions.

5. Intelligence artificielle et investissements financés par la dette

Les géants technologiques tels qu'Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle ont levé ensemble 220 milliards de dollars de dettes cette année pour financer des centres de données et des infrastructures énergétiques. Bien que carnets de commandes soient solides, ces investissements massifs introduisent des risques pour les portefeuilles de retraite.

6. Crédit privé et prêts non bancaires

Les marchés du crédit privé, qui gèrent près de 2 000 milliards de dollars, font face à leur test le plus sérieux depuis 2008, les taux de défaut affichant une hausse progressive.

7. La Chine et l'exportation de déflation

La croissance du PIB chinois de 5 % est tirée par des exportations manufacturées agressives dans les semi-conducteurs et les véhicules électriques, exportant la déflation à l'échelle mondiale et exerçant une pression sur les fabricants locaux.

8. Risques climatiques et assurance

Les événements climatiques extrêmes provoquant des pertes assurées supérieures à 100 milliards de dollars par an pèsent directement sur les budgets des ménages en raison de la flambée des primes d'assurance.

9. Logement et hypothèques

Avec un taux prime à 4,75 %, la dynamique du marché immobilier dépend de la trajectoire monétaire et des contraintes de main-d'œuvre dans le secteur de la construction.

10. Le Cygne Noir

Les chocs géopolitiques ou financiers imprévus restent la variable ultime. Le maintien de réserves de liquidités et de portefeuilles diversifiés constitue la défense la plus efficace.

Dans la même rubrique