Le poisson est bon, mais l'âme manque : le restaurant « Ha-Shachaf » tente de faire revivre les poissonneries d'autrefois
Le restaurant « Ha-Shachaf » à Tel-Aviv tente de recréer l'atmosphère des poissonneries légendaires d'autrefois. Malgré des plats de qualité, l'effort pour capturer l'esprit d'antan semble n'être qu'une imitation.

Le restaurant « Ha-Shachaf » a ouvert il y a un an à l'entrée est du parc « Ha-Mesila », devenu ces dernières années l'un des centres touristiques les plus animés de Tel-Aviv. De loin, il semble que l'établissement tente de rendre aux poissonneries classiques, comme « Barbunia » ou « Shtupak », leur gloire d'antan. À l'époque, les clients commandaient un plat de poisson à un prix abordable et recevaient en accompagnement des salades et des petits pains offerts par la maison.
Avec le temps, les goûts ont évolué vers le ceviche et le sashimi, des options que « Ha-Shachaf » propose également. La salle intérieure, contrairement à la terrasse, ressemble à une copie du bar légendaire « Barbunia » de la rue Ben-Yehuda, avec ses murs en bois, ses photos du personnel et sa musique israélienne bruyante. Mais c'est là que s'arrête la ressemblance. L'atmosphère semble « plastique », et recréer l'esprit unique du « Barbunia » original, dirigé par le légendaire Ezra Marmelstein, est tout simplement impossible.
Nous avons commencé par une salade d'aubergines, du tzatziki et de l'ikra, des classiques qui, contrairement au format d'autrefois, ne sont pas inclus dans le prix des plats principaux. Nous avons ensuite commandé des calamars frits, une brochette de daurade et des merlans. Les calamars étaient « comme il faut » — ni trop mous, ni caoutchouteux, accompagnés de deux types d'aïoli. La brochette de daurade, avec ses oignons verts et ses quartiers de tomate, était excellente : grillée à l'extérieur mais juteuse. Les merlans étaient également très bien cuits. En général, la maîtrise de la cuisson était au rendez-vous.
Nous avons accompagné le repas d'une bouteille d'Ouzo 12. À la fin, nous avons demandé une tranche de pain supplémentaire pour terminer nos salades. Quand j'ai vu le barman taper la demande sur le terminal, j'ai compris ce qui allait se passer. Quelques minutes plus tard, une portion entière de pain est arrivée, facturée 15 shekels. Chez « Barbunia », personne n'aurait imaginé faire payer un petit pain supplémentaire. C'est une absurdité, mais elle m'a déçu en tant que signe de l'époque. Malgré cela, l'endroit est mignon, et la tentative de faire un restaurant « comme avant » mérite d'être saluée, même si c'est un peu « pour de faux ».
« Ha-Shachaf », 22 Herzl, Tel-Aviv. Avant le pourboire : tzatziki 18 shekels, salade d'aubergines 19, ikra 28, brochette de daurade 78, calamars 92, merlans 98, petite bouteille d'Ouzo 200 ml 118, pain 15.





