Critique : « Young Hearts », une chronique ado gâchée par le kitsch
Le réalisateur George Jaques signe avec « Young Hearts », porté par Bella Ramsey, une chronique adolescente touchante mais plombée par un excès de mélodrame final.

Comment créer un film sur des adolescents guéris du cancer tout en parlant à peine de la maladie elle-même ? C'est précisément le pari du réalisateur britannique George Jaques dans son long-métrage « Young Hearts », sorti ce week-end dans les cinémas en Israël. Il s'agit d'un projet profondément personnel pour Jaques, dont la mère a eu un cancer et qui a passé du temps avec des jeunes en rémission dans un camp d'été. Son objectif était de donner la place à leurs histoires personnelles sans laisser la maladie définir leur identité.
Jaques a réuni Bella Ramsey, James Norton et Neil Patrick Harris dans un film qui cherche à réchauffer les cœurs et y parvient en grande partie, jusqu'à ce qu'il dérape presque complètement. L'intrigue se concentre sur Ivy, 17 ans (Ramsey), qui, après avoir vaincu le cancer et s'être isolée socialement, est inscrite par ses parents dans un camp d'été pour adolescents en rémission. Elle y rejoint, à contrecœur, ce qu'elle appelle le « camp de chimio », mais y trouve, selon les clichés dramatiques, sa bande d'amis et l'amour, sous la houlette d'un moniteur exubérant (Harris).
Une chronique douce gâchée par le pathos
« Young Hearts » est un drame peu dramatique, ce qui explique en grande partie pourquoi il fonctionne plutôt bien pendant la majeure partie de sa durée. Le scénario de George Jaques est de bonne facture et dépeint ses personnages avec crédibilité. C'est un récit initiatique certes formaté, mais qui parvient à capturer l'esprit de l'adolescence avant de sombrer dans un piège mélodramatique grossier dans le dernier acte. Sans divulgâcher la fin, le réalisateur cède au kitsch le plus lourd, extorquant des larmes au public de manière forcée.
Dans un film où la dramaturgie était jusqu'alors subtile, ce revirement soudain semble artificiel et trahit le manque de confiance du créateur en son propre travail. Paradoxalement, le caractère convenu des personnages (le cynique, le rebelle, le timide) fonctionne plutôt bien, le cancer ne jouant qu'un rôle secondaire dans leur quotidien.
Des performances solides malgré un final maladroit
Épuré de son trop-plein de larmes artificielles, « Young Hearts » demeure une jolie comédie dramatique idéale pour une soirée de semaine. En l'absence d'enjeux dramatiques intenses, c'est le casting qui porte le film à bout de bras. Bella Ramsey surprend agréablement dans un rôle taillé sur mesure, tandis que la distribution secondaire, incluant Earl Cave et un Neil Patrick Harris délicieusement excentrique en directeur de camp, fait des merveilles.
Il ne manquait pas grand-chose à « Young Hearts » pour être un excellent film : un montage un peu plus serré et une coupe franche dans le mélodrame final. George Jaques est un auteur talentueux, mais le film s'effondre sous son propre poids dans une conclusion inutilement larmoyante.





