Ormuz : la CNUCED met en garde contre une crise majeure pour les PME mondiales
La CNUCED avertit que les perturbations dans le détroit d'Ormuz et la hausse du pétrole menacent des millions de PME à travers le monde d'exclusion des chaînes d'approvisionnement.

Les perturbations dans le détroit d'Ormuz risquent de plonger des millions de petites et moyennes entreprises (PME) à travers le monde dans une tourmente majeure, a mis en garde cette semaine la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Selon l'organisation, la hausse des prix de l'énergie, des tarifs de fret et des primes d'assurance, ainsi que les difficultés d'accès au financement, pèsent beaucoup plus lourdement sur les petites structures que sur les grandes entreprises.
Menace sur les chaînes de valeur mondiales
La principale crainte ne se résume pas à un ralentissement temporaire des échanges. La CNUCED a averti qu'un scénario où les PME seraient contraintes de réduire leur production, de reporter leurs investissements ou de quitter définitivement les chaînes de valeur mondiales est à redouter. Dans ce cas, une reprise future du commerce ne ramènerait pas nécessairement toutes ces entreprises à leur niveau d'activité antérieur.
Les PME représentent environ 90 % de toutes les entreprises dans le monde, près de 70 % de l'emploi et environ 50 % du PIB mondial. Selon les estimations du rapport, il s'agit d'environ 400 millions d'entreprises à l'échelle planétaire, ce qui confère à tout coup porté contre elles des répercussions majeures sur l'économie.
Écarts financiers et difficultés d'accès au crédit
Le fossé entre les petites structures et les multinationales réside notamment dans leur capacité à encaisser les chocs. Les grands groupes peuvent diversifier leurs risques, tandis que les PME disposent de moins d'alternatives face à la flambée des coûts.
« Le risque n'est pas seulement un ralentissement du commerce mondial, mais la possibilité que les petites entreprises soient évincées des chaînes de valeur même après la reprise », a déclaré Marcelo Risi, porte-parole de la CNUCED.
Les données de l'ONU illustrent les difficultés accrues dans les économies en développement, où se conformer aux exigences d'importation coûte aux petites entreprises 19,4 % de la valeur de leurs produits, contre 8,3 % dans les pays développés.
Flambée des prix du pétrole
Ces perturbations surviennent sur fond de conflits régionaux et d'atteintes au trafic maritime dans le passage stratégique situé entre l'Iran et Oman. Cette semaine, le cours du pétrole Brent a franchi la barre des 100 dollars le baril.


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