Le télétravail s'impose durablement au cœur du marché du travail israélien

Une analyse de Globes et Hilan montre que le télétravail est devenu une norme pérenne en Israël, portée par les impératifs familiaux, les habitudes générationnelles et la résilience nationale.

Source :Globes
Le télétravail s'impose durablement au cœur du marché du travail israélien
Illustration FilIsrael : AI Generated

Le marché du travail israélien compte près de 5 millions de salariés dont les comportements variés offrent un aperçu précieux des tendances de l'emploi. Dans les mois à venir, Globes publiera une série d'analyses de la société Hilan, basées sur des données portant sur des centaines de milliers de salariés dans divers secteurs. Le télétravail s'est imposé comme une norme au sein de l'économie israélienne, évoluant d'une nécessité rare durant la pandémie de COVID-19 vers un élément permanent de l'emploi moderne.

La réalité post-pandémique et la résilience en période de crise

Selon le Pr Assaf Avrami, PDG de Hilan et Malam, le travail à distance était pratiquement inexistant en 2019, représentant seulement 15 % à 17 % des salariés et environ 2 % du volume total des heures travaillées. La pandémie a radicalement transformé ce paysage, imposant une adoption généralisée. Une fois que les salariés ont goûté à la flexibilité du travail à domicile, un retour complet au modèle de bureau traditionnel s'est avéré extrêmement difficile.

De plus, le télétravail a acquis une dimension de résilience nationale et de continuité des activités. Lors d'escalades sécuritaires, comme l'opération « Am Kelavi » contre l'Iran en juin 2025, la part des heures de travail à distance a atteint 46 %, contre 27 % en décembre 2024 et 2025. Les organisations ont appris à maintenir leur capacité opérationnelle même lorsque l'accès physique aux lieux de travail est restreint par des crises sanitaires ou sécuritaires.

Disparités sectorielles et tendances générationnelles

La répartition du travail à distance varie considérablement selon les secteurs d'activité. Le secteur de la haute technologie domine l'économie avec 35 % des heures hebdomadaires effectuées à domicile, suivi par le développement médical (29 %), les institutions financières (23 %) et les télécommunications (20 %). En revanche, les secteurs exigeant une présence physique affichent un taux de télétravail minime, comme la sécurité (1 %), la santé (8 %) et les organismes gouvernementaux ou les autorités locales (7%).

L'analyse générationnelle révèle que le travail à distance n'est pas l'apanage des plus jeunes. La génération Z (née entre 1997 et 2012) effectue 31 % de ses heures à domicile, tandis que la génération Y est en tête avec 45 %, suivie de près par la génération X avec 41 %. Les baby-boomers enregistrent 31 %.

« Pour les jeunes salariés, les interactions sociales sont essentielles pour tisser des liens avec leurs collègues et les leaders d'opinion, faciliter l'apprentissage informel et acquérir une visibilité au sein de l'entreprise », a souligné le Pr Assaf Avrami.

L'impact de la vie de famille

Les besoins familiaux influencent fortement les modèles de travail hybride. Les salariés mariés travaillent un peu plus de chez eux (29 %) que les célibataires (25 %). Les salariés sans jeunes enfants effectuent 24 % de leurs heures à distance, contre 30 % à 34 % pour les parents ayant des enfants de moins de 11 ans.

Le Pr Assaf Avrami a observé que « la parentalité façonne la structure de la semaine de travail, et pas seulement le télétravail en soi. Les salariés avec enfants ont tendance à répartir leur semaine entre la maison et le bureau, tandis que les salariés sans enfants penchent vers des extrêmes de 100 % à distance ou 100 % au bureau. Le modèle hybride est devenu un outil indispensable pour concilier exigences professionnelles et obligations familiales ».

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