Israël : la stagnation de l'emploi masculin haredi malgré des investissements massifs

Une étude de l'Institut Aaron révèle un fossé persistant dans l'emploi des hommes haredi en Israël, dont le taux d'activité recule et les salaires stagnent malgré des investissements publics massifs.

Israël : la stagnation de l'emploi masculin haredi malgré des investissements massifs
Photo d'illustration FilIsrael : AI Generated

L'intégration de la communauté ultra-orthodoxe sur le marché du travail israélien demeure l'un des défis économiques majeurs du pays, alimenté par des projections démographiques en forte croissance. Au cours de la dernière décennie, les gouvernements israéliens ont investi plus d'un demi-milliard de shekels dans des programmes d'intégration, mais les résultats révèlent un paysage profondément polarisé.

Une nouvelle étude de l'Institut Aaron pour la politique économique de l'Université Reichman met en lumière un fossé grandissant entre les genres au sein de la communauté haredi. Alors que le taux d'activité des femmes ultra-orthodoxes a bondi de 69 % à 82 % au cours de la dernière décennie, rejoignant presque celui des femmes juives non haredi, la progression des hommes est restée en deçà des attentes. L'emploi masculin est passé de 48 % en 2014 à 56 % en 2023, avant de retomber à 54 % en 2024.

Des salaires stagnants et des gains limités dans la tech

Ces disparités se reflètent également dans la qualité de l'emploi et le niveau des rémunérations. Au cours des dix dernières années, les hommes haredi ont travaillé en moyenne 37 heures par semaine, contre 45 heures pour les hommes juifs non haredi. Cette différence se traduit par un écart salarial important : un homme juif non haredi gagne plus de 21 000 shekels par mois, tandis que le salaire mensuel moyen d'un homme haredi s'élevait à 10 600 shekels en 2023.

Afin de mesurer l'efficacité des investissements publics, les chercheurs se sont concentrés sur la tranche d'âge des 30-34 ans, principale bénéficiaire des fonds alloués à l'enseignement supérieur et aux formations technologiques. Bien que le nombre d'hommes haredi dans cette cohorte ait presque doublé, les taux d'emploi n'ont que peu progressé et les écarts de salaires se sont creusés.

La nécessité d'une stratégie globale

Itzik Crombi, entrepreneur technologique et militant social haredi, a averti que sans changement de cap, l'économie israélienne s'expose à de graves difficultés. "Nous constatons une stagnation et, pour certains paramètres, un recul", a-t-il déclaré, soulignant l'absence d'une stratégie gouvernementale unifiée.

Le Dr Hila Axelrad, directrice du Centre de politique économique haredi de l'Institut Aaron, a souligné que malgré une hausse de l'emploi dans la haute technologie au sein de la tranche 30-34 ans, les programmes n'ont pas permis de réduire les inégalités salariales globales.

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