La commission Dayan publie son rapport crucial sur la politique du gaz naturel
La commission Dayan publie son rapport final sur la politique du gaz naturel sur fond de retards et de désaccords profonds entre ministères concernant les quotas d'exportation et la sécurité énergétique.

Avec près de deux ans de retard, la commission interministérielle chargée d'examiner la politique du gaz naturel, la commission Dayan, publie ce jeudi son rapport de conclusions définitif. Une fois ces conclusions traduites en projet de résolution, elles devront être approuvées par le gouvernement, probablement après les prochaines élections législatives. Toutefois, le prochain gouvernement ne sera pas tenu d'adopter ces recommandations dans leur intégralité. Entre-temps, le secteur gazier a connu des bouleversements majeurs et des accords d'exportation d'envergure vers l'Égypte, le tout en l'absence d'une politique étatique claire et structurée.
Affrontements sur les réserves nationales et les quotas d'exportation
Dirigée par le directeur général du ministère de l'Énergie et des Infrastructures, Yossi Dayan, la commission a été officiellement créée en février 2024. Conformément aux décisions gouvernementales antérieures, l'État est tenu de réévaluer périodiquement les quotas d'exportation et les besoins du marché intérieur tous les cinq ans. Par conséquent, la procédure aurait dû s'achever dès janvier 2024. Ce retard prolongé découle de divergences professionnelles profondes entre les ministères, qui ont éclaté au grand jour en avril 2025 lors de la publication du rapport intermédiaire de la commission, provoquant un affrontement frontal avec le département du budget du ministère des Finances.
Le Trésor a vivement contesté les modèles économiques présentés par le ministère de l'Énergie, arguant qu'ils minimisaient la demande intérieure future afin de maximiser les marges d'exportation pour les sociétés gazières. Au cœur du rapport figure la question cruciale de l'obligation de réserver du gaz naturel pour les besoins du marché intérieur. Le ministère de l'Énergie préconise de maintenir le volume réservé à 440 milliards de mètres cubes (BCM). À l'inverse, le département du budget recommande de porter ce volume à 515 BCM jusqu'à ce que de meilleures alternatives énergétiques soient développées.
Vulnérabilité énergétique et boom des centres de données pour l'IA
Parallèlement, le contexte géopolitique et économique a totalement évolué. Lors des cycles de conflits avec l'Iran et ses alliés, l'establishment de la défense a dû ordonner des arrêts temporaires et intermittents des plateformes gazières en Méditerranée pour des raisons de sécurité. Ces arrêts ont mis en lumière la vulnérabilité du marché intérieur, dépendant de sources d'approvisionnement centralisées. Dans le même temps, les partenariats gaziers ont profité de cette période de transition pour conclure des contrats d'exportation à long terme avec l'Égypte pour des dizaines de milliards de dollars.
De plus, les prévisions économiques initiales ont été bouleversées par la hausse massive de la demande en électricité liée à l'implantation de fermes de serveurs pour l'intelligence artificielle (IA). Le volume des demandes de raccordement au réseau électrique a atteint le chiffre sans précédent de 27 000 mégawatts, soit trois fois la consommation moyenne d'Israël. Les rapports officiels de la société Noga et du Contrôleur de l'État avertissent désormais que le réseau énergétique fait face à un risque avéré de pénuries d'électricité d'ici 2036, laissant le secteur le plus stratégique de l'économie sans politique durable.





