Action collective historique contre les banques israéliennes sur les comptes courants

Un tribunal israélien a approuvé une action collective contre quatre grandes banques concernant l'absence d'intérêts sur les comptes courants, ouvrant la voie à un litige de plusieurs milliards.

Source :Globes
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ECONOMY // FINANCIAL FLOW

Une décision historique du tribunal de district du Centre à Lod, approuvant une action collective contre quatre des cinq grandes banques d'Israël—Leumi, Discount, Mizrahi Tefahot et First International—secoue l'ensemble du système bancaire et jette un doute monumental sur la gestion des comptes courants.

Le recours affirme que les banques israéliennes auraient dû verser des intérêts sur les soldes des comptes courants ou, à tout le moins, informer les clients qu'ils pouvaient faire fructifier leur capital en le plaçant sur un compte d'épargne. Cette revendication s'appuie sur le revirement radical de l'environnement économique marqué par la hausse générale des taux.

"D'une part, les banques détenant les fonds des clients ne les rémunèrent par aucun intérêt et, d'autre part, elles utilisent ces mêmes sommes pour générer des revenus via les prêts qu'elles accordent", a statué le juge Shmuel Bornstein. "La banque dégage un bénéfice supérieur au taux qu'elle aurait produit si elle avait versé un intérêt équitable à ses clients. C'est un enrichissement sans cause qui justifie l'intervention de la justice."

Conséquences et divergences d'opinions

Face aux implications considérables de cette décision, les banques s'attendent à déposer une demande d'appel devant la Cour suprême. Discount Bank a indiqué examiner cette option avec le plus grand sérieux. Les experts restent partagés quant à l'issue de cette affaire pour le grand public.

La plainte, déposée par des clients par l'intermédiaire des avocats Yitzhak Aviram et Shahar Ben Meir, cible quatre institutions majeures pour la période 2022-2025. Bank Leumi détient la part la plus importante de ces fonds (environ 50%), suivie de Mizrahi Tefahot (24%), First International (14%) et Discount (12%).

Le total des dépôts non rémunérés auprès de ces quatre banques est évalué à environ 400 milliards de shekels, le préjudice total estimé oscillant entre 3,62 et 5,06 milliards de shekels. En parallèle, une procédure distincte visant Bank Hapoalim doit franchir l'étape des preuves en janvier.

Un séisme juridique

De nombreux experts avertissent que ce jugement constitue une nouveauté juridique dangereuse et excessive. Selon des spécialistes du secteur, assimiler les dépôts bancaires à un enrichissement injustifié ignore la nature même de l'intermédiation financière, où l'argent doit être restitué à tout moment au client tout en permettant à la banque de financer l'économie.

L'issue de ce dossier devant la Cour suprême déterminera si le secteur bancaire israélien devra revoir en profondeur sa politique de rémunération des liquidités.

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