Alron : la présidente évincée menace d'attaquer les actionnaires en justice
La présidente évincée d'Alron, Lisia Bachar-Manoach, menace d'engager des poursuites judiciaires suite à son renvoi, en plein désaccord sur un prêt impayé de 90 millions de shekels auprès de Phoenix Holdings.

La bataille au sein de la société d'investissement israélienne Alron Ventures a pris une tournure judiciaire avec la fronde de la présidente sortante, Lisia Bachar-Manoach, qui conteste son éviction par le biais de ses avocats, Omer Meiri et Alon Pomerantz du cabinet Lipa Meir & Co., selon une lettre d'avertissement obtenue par la presse locale.
Le conflit a éclaté après que l'actionnaire de contrôle Arieli EL — détenu à parts égales par Lisia Bachar-Manoach, Euben Renov et Ronen Bentov — n'a pas honoré les termes d'un prêt de 90 millions de shekels contracté en 2024 auprès de Phoenix Holdings. L'action d'Alron a depuis chuté de 48 %, s'échangeant à une valorisation boursière d'environ 150 millions de shekels. Suite à cette baisse, Phoenix a exigé le remboursement du prêt, révélant de profondes divergences entre les partenaires.
Pressions et révocation contestée
Dans sa lettre d'avertissement, Lisia Bachar-Manoach affirme que ses partenaires ont exercé une pression incessante sur la direction et le conseil d'administration pour lever 150 millions de shekels par l'émission d'obligations afin de distribuer des fonds aux actionnaires. Cette manœuvre visait prétendument à leur permettre de solder leur dette personnelle de 90 millions de shekels envers Phoenix Holdings, garantie selon elle par des cautions personnelles.
Bien qu'Alron n'ait jamais annoncé officiellement une telle émission pour rembourser cette dette, la société avait fait part en juin de son intention d'investir dans RDC, une coentreprise avec Rafael, en évoquant une possible émission d'obligations. Selon la lettre, le personnel professionnel et les administrateurs indépendants se sont vigoureusement opposés à cette initiative, qui a finalement été abandonnée face à la fronde des investisseurs.
Lisia Bachar-Manoach soutient que sa révocation intervenue mercredi a été orchestrée pour neutraliser les gardiens de la gouvernance et permettre à Euben Renov et Ronen Bentov de prendre le contrôle de la direction dans leur propre intérêt. Elle fait valoir que le conseil d'administration ne disposait pas d'un quorum d'administrateurs impartiaux pour voter son renvoi.
Réponse d'Alron et perspectives
De son côté, la direction d'Alron a rejeté en bloc ces accusations, qualifiant les allégations d'infondées et soulignant que le conseil d'administration agit dans l'intérêt exclusif de l'entreprise et de ses actionnaires.
Arieli EL avait pris le contrôle d'Alron auprès de Discount Investment Corporation il y a environ deux ans pour près de 200 millions de shekels. Sous la houlette de Lisia Bachar-Manoach, la société a réorienté ses activités vers les technologies de défense et la cybersécurité. Alors qu'une prolongation accordée par Phoenix Holdings pour le remboursement du prêt expire ce vendredi 30 octobre, l'avenir de l'actionnariat d'Alron reste incertain.





