Yad Mordechai : la célèbre usine de miel fête ses 90 ans à la frontière de Gaza
L'usine de miel d'Yad Mordechai, située près de la bande de Gaza, célèbre ses 90 ans. Ce fleuron de l'agriculture israélienne, qui collabore avec 40 apiculteurs, lance une édition nostalgique sous le signe de la résilience.

La célèbre usine de miel d'Yad Mordechai, située dans la région frontalière de la bande de Gaza, célèbre ses quatre-vingt-dix ans d'existence. Elle continue d'offrir un aperçu unique de l'alliance entre l'agriculture, l'industrie et le patrimoine israélien. Chaque matin, la routine reprend au milieu des machines et des employés, avec un objectif inchangé : produire le meilleur miel bleu et blanc.
D'une petite ruche à une marque nationale
Gil Cohen, le directeur de l'usine d'Yad Mordechai, décrit l'engagement quotidien qui anime le site :
« Chaque jour, j'arrive ici le matin, j'ouvre l'usine, je rencontre nos formidables employés et nous lançons la production. Je vois de la qualité, de l'excellence et ce même engagement qui accompagne Yad Mordechai depuis quatre-vingt-dix ans. L'histoire d'Yad Mordechai est celle de l'industrie, de l'agriculture et des valeurs israéliennes. Tout a commencé par un petit rucher, et aujourd'hui, on retrouve notre miel sur presque toutes les tables des cuisines israéliennes. »
Derrière le pot de miel qui arrive dans chaque foyer se cache une chaîne de production complexe et un réseau de plus de 40 apiculteurs répartis du plateau du Golan jusqu'à la vallée de l'Arava, en plus du rucher local du kibboutz. Le miel subit des contrôles stricts de qualité, de goût et de caractérisation avant d'être mis en pot et expédié vers les rayons des supermarchés.
Ido Dvir, directeur des achats agricoles chez Yad Mordechai, souligne la complexité et le rôle crucial de la nature dans ce processus :
« Le miel est une matière première très particulière. En plus d'être totalement naturel, il a un côté très traditionnel, très chaleureux, très israélien. Bien que ce pot puisse sembler simple, de nombreuses personnes travaillent en coulisses, sans oublier les abeilles. Au cours de sa vie, une seule abeille ne produit qu'une cuillère à café de miel. Il faut énormément d'abeilles pour fabriquer ce produit. »
Racines, souvenirs d'enfance et astuce contre les piqûres
L'histoire du rucher est intimement liée à celle des fondateurs du kibboutz. Eilon Friedman, membre de la génération des fondateurs du kibboutz Yad Mordechai, se souvient des débuts et de la tradition qui s'est développée autour des ruches :
« Ma mère a fondé le rucher d'Yad Mordechai. Arrivée au kibboutz Gan Shmuel, elle y a découvert les abeilles et a suggéré au kibboutz d'acheter dix ruches. Plus tard, en grandissant, chaque enfant de classe de sixième recevait une petite ruche dont il devait s'occuper, un apprentissage qui incluait inévitablement son lot de piqûres. »
Cette enfance passée au milieu des abeilles a également marqué Ido Dvir, qui partage ses souvenirs et un conseil pratique :
« Je venais ici quand j'étais enfant pendant les grandes vacances pour aider à l'emballage et goûter le miel directement dans les seaux. J'ai été piqué de nombreuses fois. Un conseil important : ne tirez pas sur le dard avec vos doigts, grattez-le plutôt délicatement pour le retirer. »
Un symbole de résilience à la frontière de Gaza
L'emplacement de l'usine, au cœur de la région frontalière de la bande de Gaza, confère à cette activité une profonde dimension nationale et émotionnelle, particulièrement face aux défis sécuritaires des dernières années. L'attachement du public israélien à cette marque et sa présence continue sur le terrain suscitent une immense fierté chez les employés.
« Ce n'est pas pour rien que chaque Israélien qui entend le nom d'Yad Mordechai pense immédiatement au miel », explique Ido Dvir. « Il y a quelque chose de fort dans ce lien ici, près de la bande de Gaza. Après tout ce que nous avons traversé ces trois dernières années, c'est une immense fierté de faire partie de cet endroit. »
Pour célébrer ce 90e anniversaire, le rucher a lancé une édition spéciale et nostalgique, inspirée de l'ambiance des fêtes de Roch Hachana d'autrefois. Gil Cohen conclut la visite de l'usine par un vœu chaleureux pour le pays :
« De ma part et de celle de tous les employés d'Yad Mordechai, je souhaite au peuple d'Israël un peu de calme, et que notre vie soit douce comme le miel. »





