Vous sentez que quelque chose ne va pas chez vous ? Ne cherchez pas de réponses sur Google

Connaissez-vous cette sensation où vous sentez que quelque chose est un peu étrange chez vous ces derniers temps ? Vous êtes plus irritable, vous avez du mal à vous concentrer, vous réfléchissez trop ou vous traversez simplement une période difficile. Au lieu de laisser passer cela, vous ouvrez Google et tapez : « Pourquoi est-ce que je me sens comme ça ? » Après quelques recherches, vous lisez déjà sur tel ou tel trouble et vous êtes convaincu que les symptômes vous décrivent exactement. Soudain, un comportement qui faisait partie de votre caractère jusqu'à hier devient un « signe », et une sensation temporaire (et normative) reçoit un nom et un diagnostic.

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Vous sentez que quelque chose ne va pas chez vous ? Ne cherchez pas de réponses sur Google
Photo : Now14 / לא דיכאון, רק יום רע | צילום: פריפיט

Connaissez-vous cette sensation où vous sentez que quelque chose est un peu étrange chez vous ces derniers temps ? Vous êtes plus irritable, vous avez du mal à vous concentrer, vous réfléchissez trop ou vous traversez simplement une période difficile. Au lieu de laisser passer cela, vous ouvrez Google et tapez : « Pourquoi est-ce que je me sens comme ça ? » Après quelques recherches, vous lisez déjà sur tel ou tel trouble et vous êtes convaincu que les symptômes vous décrivent exactement. Soudain, un comportement qui faisait partie de votre caractère jusqu'à hier devient un « signe », et une sensation temporaire (et normative) reçoit un nom et un diagnostic.

Le problème est que nous nous identifions à presque tout

Les listes de symptômes sur Internet ont tendance à décrire des expériences humaines que beaucoup d'entre nous connaissent : difficulté à se concentrer, procrastination, anxiété, sautes d'humeur, pensées répétitives ou difficulté à prendre des décisions. Lorsque nous craignons déjà que quelque chose ne va pas chez nous, il est particulièrement facile de nous retrouver dans la liste et de lui donner plus d'importance qu'elle ne le mérite. Cependant, un diagnostic de trouble mental ne se résume pas à quelques symptômes trouvés sur Google — il nécessite un examen professionnel des symptômes, de leur intensité, de la durée pendant laquelle ils existent et de la mesure dans laquelle ils nuisent à la vie quotidienne.

Et aujourd'hui, ces informations ne se trouvent plus seulement sur Google. Des vidéos TikTok, des publications Instagram, des forums et des histoires personnelles nous offrent d'innombrables explications à notre comportement. Parfois, c'est précisément l'histoire d'un inconnu qui nous fait penser : « Attends, je suis comme ça aussi. » À partir de là, le chemin vers l'adoption d'une nouvelle étiquette pour nous-mêmes peut être très court.

Quand des mots généraux ressemblent à un diagnostic

L'un des problèmes de l'autodiagnostic via Internet est que les explications que nous y trouvons utilisent parfois des mots très larges pour décrire des phénomènes beaucoup plus spécifiques. Par exemple, une recherche sur le TOC peut nous présenter l'expression « pensées obsessionnelles qui se répètent » — une phrase à laquelle il est très facile de s'identifier. Après tout, qui parmi nous ne reste pas parfois bloqué sur la même pensée et n'y revient pas encore et encore ?

Mais ce terme seul ne transforme pas la pensée en TOC. Une personne peut réfléchir chaque jour à nouveau si sa relation lui convient, s'interroger sur son travail ou revenir encore et encore sur une question qui l'a préoccupée — et ne pas souffrir de TOC pour autant. Dans un diagnostic clinique, il s'agit d'un schéma plus complexe et spécifique d'obsessions et de compulsions, et non du simple fait qu'une certaine pensée se répète.

Par exemple, une pensée comme « si je n'éteins pas la lumière exactement d'une certaine manière, quelque chose de terrible arrivera », qui crée de l'anxiété et une envie d'effectuer une action pour la neutraliser, est beaucoup plus proche de ce qui est décrit lorsque l'on parle d'obsessions et de compulsions. Par conséquent, la différence entre « j'ai une pensée qui se répète » et « j'ai un TOC » est beaucoup plus grande que ce qu'une liste de symptômes sur Google pourrait nous laisser penser.

Et c'est exactement là le point : Internet nous donne des mots qui décrivent des expériences humaines réelles, mais nous pourrions par erreur transformer ces mots en diagnostics.

Tout comportement ne nécessite pas une définition

Peut-être est-il temps de se rappeler que toute tristesse n'est pas une dépression, que toute difficulté à se concentrer n'est pas un TDAH et que toute pensée répétitive n'indique pas un trouble. Nous sommes des êtres humains, et parfois nous traversons simplement une période difficile, nous nous comportons de manière non idéale ou nous ressentons des émotions désagréables. Et si quelque chose nous préoccupe vraiment ou nuit à notre fonctionnement, Google peut être un moteur de recherche d'informations excellent et utile — mais pas l'endroit qui peut nous donner un avis psychologique sur notre vie.

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