Le VIX s'envole de 70 % lors de la pire chute boursière historique à Wall Street
Le VIX a bondi de près de 70 % jeudi alors que Wall Street subissait une chute historique. L'analyse historique montre que de tels chocs précèdent généralement des hausses notables du S&P 500 à moyen terme.

L'indice de volatilité du CBOE, plus communément appelé le VIX ou l'« indice de la peur », a bondi de près de 70 % jeudi, signant l'une des hausses journalières les plus spectaculaires de son histoire. Selon les données publiées par la Chicago Board Options Exchange (CBOE), seules huit occurrences comparables ont été enregistrées depuis 1991. L'analyse de ces précédents historiques révèle une tendance fascinante pour les marchés : un mois après de tels chocs, le S&P 500 a progressé en moyenne de 3 %, affichant des rendements positifs dans sept cas sur huit. À trois mois, le rendement moyen atteint 7,1 %, avec des hausses constatées dans six situations sur huit.
La statistique la plus remarquable concerne l'horizon de six mois suivant cette envolée de la volatilité : lors des huit épisodes analysés, le S&P 500 a systématiquement affiché un rendement positif, enregistrant une progression moyenne de 10,4 %. Un an après ces événements, le rendement moyen s'établissait à 14,7 %, avec des gains dans sept cas sur huit. Ces données apportent un éclairage précieux au lendemain de la chute historique essuyée jeudi à Wall Street. L'indice S&P 500 a plongé de 4,4 %, effaçant environ 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, ce qui constitue la plus importante perte en valeur absolue de son histoire. Dans le même temps, le Dow Jones a cédé près de 1 830 points, essuyant sa plus forte baisse journalière depuis 2020, tandis que le Nasdaq a décroché de 5,5 %.
Ces turbulences interviennent dans le sillage des résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis et des craintes de voir le Congrès imposer de nouvelles réglementations aux géants technologiques, notamment en matière de centres de données et d'infrastructures d'intelligence artificielle. Ces incertitudes ont lourdement pesé sur les valeurs des semi-conducteurs et du cloud, freinant l'un des principaux moteurs de la hausse boursière. Le VIX reflète la volatilité annualisée attendue du S&P 500 sur les trente jours à venir, calculée à partir des prix des options. Lorsque les investisseurs craignent de fortes turbulences et recherchent des couvertures, la demande fait grimper l'indice.
Le bond de jeudi a porté le VIX autour de 28 points, un niveau témoignant d'une forte tension sur les parquets, tout en restant loin des sommets de panique observés lors de crises majeures. Les analystes soulignent qu'il convient de distinguer le taux de croissance de 70 % de la valeur absolue de l'indice, qui demeure éloignée des seuils critiques. Pour rappel, un VIX inférieur à 15 points traduit généralement la sérénité des marchés, tandis qu'une fourchette de 15 à 20 indique une volatilité modérée. Entre 20 et 30 points, l'indice signale des craintes accrues, de 30 à 40 un stress marqué, et au-delà de 40, il caractérise une panique extrême en période de crise.





