Rapport Psagot : l'emploi américain résiste, la consommation israélienne ralentit

Selon Psagot, le marché de l'emploi américain surprend avec 162 000 postes créés en août. En Israël, le salaire moyen grimpe à 15 218 NIS mais la consommation par carte de crédit ralentit.

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Rapport Psagot : l'emploi américain résiste, la consommation israélienne ralentit
Photo : ICE / הפדרל ריזרב (צילום shutterstock)

Une analyse hebdomadaire de la maison d'investissement Psagot met en évidence des tendances économiques marquantes aux États-Unis et en Israël, révélant des divergences notables entre les données macroéconomiques et le comportement réel des ménages et des marchés.

Le marché de l'emploi américain surprend à la hausse

Aux États-Unis, le rapport sur l'emploi du mois d'août a surpris positivement, affichant une reprise significative du marché du travail. Selon l'étude, l'économie américaine a créé 162 000 emplois au cours du mois, dépassant largement les prévisions initiales qui tablaient sur environ 50 000 créations. De plus, les données des mois précédents ont été révisées à la hausse. Le chiffre de juillet, par exemple, a été révisé à une hausse de 21 000 emplois, alors qu'une baisse de 23 000 avait été initialement annoncée.

À la suite de ces révisions, la moyenne mobile sur trois mois des créations d'emplois est passée de 38 000 à 71 000. La moyenne sur six mois a atteint 107 000 emplois, soit le niveau le plus élevé depuis juillet 2024.

Les données de l'enquête auprès des ménages présentent également un tableau relativement positif. Le taux de chômage a légèrement augmenté pour s'établir à 4,14 %, contre 4,09 % en juillet. Toutefois, Psagot qualifie cette hausse de positive, car elle s'explique par une expansion de la population active. L'emploi selon l'enquête auprès des ménages a bondi de 569 000, le nombre de postes à temps plein ayant augmenté de 735 000, parallèlement à une baisse des emplois à temps partiel.

L'impact de l'IA et les pressions sur la Réserve fédérale

Malgré ces chiffres globaux solides, un changement structurel s'opère sur le marché du travail américain. Le secteur de l'information et de la communication continue de perdre des emplois, contrastant avec les tendances positives dans les secteurs des loisirs, de la construction, de l'industrie, de l'éducation et de la santé. Psagot souligne qu'il s'agit d'une preuve évidente de l'impact de l'intelligence artificielle sur la demande de main-d'œuvre, l'automatisation et l'utilisation croissante des outils d'IA modifiant la structure de l'emploi dans certains secteurs.

Parallèlement, la croissance des salaires aux États-Unis reste modérée. Les salaires ont augmenté de 0,3 % en août, portant le rythme annuel à 3.1 %. Pour la Réserve fédérale, il s'agit d'un indicateur clé, car une hausse trop rapide des salaires pourrait accentuer les pressions inflationnistes.

Selon l'analyse, ces données sur l'emploi donnent de la marge à la Fed pour maintenir sa politique monétaire actuelle. L'attention se tourne désormais vers les prochains chiffres de l'inflation, notamment l'indice des prix à la consommation (CPI) américain, qui sera un facteur déterminant lors de la prochaine décision sur les taux.

À cela s'ajoute une dimension politique. Le président américain Donald Trump continue d'exercer une pression publique sur la Fed pour obtenir une baisse des taux. Psagot estime que cette pression pourrait produire l'effet inverse, la banque centrale pouvant privilégier une ligne plus stricte pour réaffirmer son indépendance.

Israël : hausse des salaires et ralentissement de la consommation

En Israël, un paradoxe différent se dessine. Le salaire moyen a augmenté en juin pour atteindre 15 218 NIS, contre 14 263 NIS en mai. Cela représente un taux de croissance annuel de 7,7 %, tandis que le salaire réel a progressé à un rythme annuel de 5,9 %, contre 4,6 % le mois précédent.

Pourtant, cette hausse des revenus ne se traduit pas par une augmentation de la consommation. Les données sur les transactions par carte de crédit indiquent un ralentissement des dépenses des Israéliens. Entre mai et juillet, les achats par carte de crédit n'ont augmenté que de 2,2 %, contre une croissance de 5,2 % entre février et avril.

Ce ralentissement est particulièrement visible dans plusieurs secteurs :

  • Les dépenses en alimentation et boissons, y compris les restaurants et les livraisons, ont diminué de 0,8 %.

  • Les dépenses en biens industriels (vêtements, meubles, appareils électroménagers) ont progressé à un rythme modéré de 5,3 %.

Psagot estime que cette tendance à la modération de la consommation privée devrait se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année.

Implications pour les investisseurs

Pour les investisseurs, les perspectives diffèrent selon les régions. Aux États-Unis, un suivi rigoureux de l'inflation et du marché du travail est nécessaire, tout en évaluant l'impact de l'IA sur les secteurs technologiques. En Israël, le ralentissement de la consommation pourrait peser sur les entreprises de vente au détail, de l'alimentation, de la restauration et de l'électroménager.

Si la modération de la consommation se confirme en Israël, elle pourrait renforcer l'hypothèse selon laquelle la Banque d'Israël sera en mesure de poursuivre l'assouplissement de sa politique monétaire, si l'évolution de l'inflation le permet.

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