Israël : le chômage des universitaires bondit de 46 % en quatre ans
La part des universitaires sans emploi en Israël a bondi de 46 % pour atteindre 20,5 % en août 2026, portée par le ralentissement de la tech et les licenciements saisonniers dans l'éducation.

La part des universitaires au chômage parmi l'ensemble des demandeurs d'emploi en Israël a bondi de 46 %, passant de 14 % en août 2022 à 20,5 % en août 2026. Cette tendance coïncide avec un taux de chômage global historiquement bas, avoisinant les 3 %, reflétant un phénomène plus large d'affaiblissement des travailleurs hautement qualifiés sur le marché du travail au cours des quatre dernières années.
Selon le rapport sur le pouls du marché du travail d'août publié par le Service de l'emploi, la proportion de diplômés sans emploi s'élevait à 18,6 % en mai 2026, grimpant à 19,7 % en juin, 20,3 % en juillet et 20,5 % en août. L'un des principaux moteurs de ce phénomène est le chômage croissant des développeurs de logiciels et des analystes d'applications, dont le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 6,4 %, passant de 8 350 en juin à 8 900 en août.
Facteurs saisonniers et structurels
Des facteurs saisonniers y contribuent également, en particulier les licenciements estivaux annuels des enseignantes ultra-orthodoxes. Au-delà des pics saisonniers, les données pluriannuelles révèlent une trajectoire haussière constante pour les universitaires au chômage : 14 % en août 2022, 16,7 % en août 2023, 19 % en août 2024 et 19,6 % en août 2025.
Le phénomène d'affaiblissement des travailleurs qualifiés se lit clairement à travers l'analyse des grappes socio-économiques, illustrant une mutation profonde du marché.
Glissements socio-économiques et démographiques
Cet affaiblissement structurel est également évident lors de l'analyse des demandeurs d'emploi par grappes socio-économiques. La part des demandeurs d'emploi issus des grappes élevées 8 à 10 s'élevait à 16,8 % en août 2023 pour atteindre 20,6 % en août dernier. En revanche, la part des demandeurs d'emploi des grappes basses 1 à 3 est passée de 41,2 % en août 2023 à 37 % cet août.
La pratique des licenciements estivaux — où le personnel éducatif demande des allocations de chômage pendant les vacances scolaires — fausse considérablement la démographie de genre et sectorielle. Le nombre de femmes demandeuses d'emploi est ainsi passé de 96 200 en juillet à 97 900 en août.





