Crise au sein du Parti vert britannique suite à une motion antisioniste
Une grave crise secoue le Parti vert britannique après qu'un vote a qualifié le sionisme de racisme, opposant le vice-président Mothin Ali au chef Zack Polanski.

Une profonde crise interne secoue le Parti vert d'Angleterre et du pays de Galles à la suite d'un vote controversé lors de son congrès qualifiant le sionisme de racisme. Mothin Ali, l'un des deux vice-présidents du parti, a affirmé mercredi que la décision prise lors du congrès de Brighton devait être respectée, ce qui le place en confrontation directe avec le chef du parti, Zack Polanski, qui cherche à l'adoucir ou à l'amender.
La motion controversée a été adoptée lors du congrès de Brighton par 1 022 voix pour et 813 contre. Elle stipule que « le sionisme est un racisme », définit les Verts comme un parti antisioniste et soutient l'établissement d'un État palestinien démocratique unique sur l'ensemble du territoire situé entre le Jourdain et la mer, avec Jérusalem pour capitale. Quatre des cinq députés du parti se sont opposés à la mesure. Polanski lui-même n'a pas pris part au vote, ayant quitté le congrès pour mener sa campagne lors de l'élection partielle d'Holborn et St Pancras.
Selon le Financial Times, Ali, associé à la faction pro-palestinienne et soutenant le groupe Greens for Palestine, a souligné que les Verts sont un parti démocratique dirigé par ses membres et que les résultats du vote doivent être acceptés. Cependant, il n'a pas exclu la possibilité d'un amendement futur du texte. Polanski, en revanche, a indiqué vouloir modifier la résolution afin qu'elle n'exclue pas un soutien potentiel à une solution à deux États.
Le différend va bien au-delà de la question d'Israël. The Guardian a rapporté ces derniers jours que Polanski souhaite réformer les mécanismes de décision du parti après avoir reconnu de fait qu'un groupe relativement restreint de militants avait réussi à imposer une politique aux lourdes répercussions nationales. Il cherche à donner à la direction une plus grande capacité d'influence sur les décisions stratégiques.
Les coûts politiques commencent également à s'accumuler. L'ancienne dirigeante et députée Caroline Lucas figure parmi les critiques les plus acerbes de la résolution, et certains militants ont même appelé à son exclusion du parti. Parallèlement, un conseiller municipal vert du Yorkshire du Nord a annoncé sa démission, arguant qu'il ne s'agit « plus du parti d'autrefois ».
Cette crise survient dans la foulée de la défaite de Polanski à l'élection partielle d'Holborn et St Pancras, où la candidate travailliste Segal Abdi-Wali l'a emporté avec 12 292 voix contre 8 928 pour Polanski. Cet échec, conjugué à la tempête autour de la résolution sur le sionisme, renforce les craintes au sein de la direction des Verts de voir le parti perçu comme trop concentré sur des luttes idéologiques internes au détriment de son programme environnemental et social.





