Une étude associe un taux élevé de tyrosine à une baisse de l'espérance de vie chez l'homme
Une étude menée sur 272 475 participants de l'UK Biobank associe des taux élevés de tyrosine dans le sang à une baisse de l'espérance de vie de 0,91 an chez les hommes. Aucun effet n'a été observé chez les femmes. Les experts déconseillent une supplémentation prolongée sans avis médical.

L'impact de la tyrosine sur l'espérance de vie
La tyrosine, un acide aminé présent dans les aliments riches en protéines et vendu comme complément alimentaire pour améliorer la vigilance et la concentration, est au cœur d'une nouvelle étude qui soulève des questions sur ses effets à long terme. Les chercheurs ont découvert que des niveaux élevés de tyrosine dans le sang sont associés à une espérance de vie plus courte chez les hommes, alors qu'aucun effet significatif similaire n'a été observé chez les femmes.
L'étude a analysé les données de 272 475 participants de la base de données britannique UK Biobank. Parmi les sujets, 23 964 décès ont été enregistrés, dont 14 230 hommes et 9 734 femmes. Les chercheurs ont examiné les taux plasmatiques de tyrosine et de phénylalanine et les ont comparés aux données de mortalité, tout en tenant compte de facteurs tels que l'âge, le poids, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'activité physique, le niveau d'éducation et le statut socio-économique.
Le rôle de l'acide aminé dans l'organisme
La tyrosine est un acide aminé utilisé par l'organisme pour synthétiser les protéines et joue un rôle essentiel dans la production de neurotransmetteurs tels que la dopamine, la noradrénaline et l'adrénaline. Ces substances sont impliquées dans la régulation de l'humeur, de la cognition, de la motivation et de la réponse au stress. On la trouve naturellement dans les produits laitiers, la viande, le poisson, les œufs, les légumineuses et d'autres aliments protéinés, mais elle est également commercialisée sous forme de complément pour stimuler la concentration.
Dans un premier temps, les chercheurs ont constaté que des taux élevés de phénylalanine et de tyrosine étaient liés à un risque accru de mortalité. Cependant, après avoir appliqué des méthodes statistiques et génétiques visant à dissocier les effets des deux substances, la tyrosine est restée le facteur le plus marquant. Selon une analyse, un niveau de tyrosine génétiquement prédit comme plus élevé était associé à une réduction d'environ 0,91 an de l'espérance de vie chez les hommes (avec une marge d'incertitude statistique allant de 0,21 à 1,6 an).
Recommandations et conclusions pratiques
Bien que l'étude n'ait pas évalué directement des personnes prenant des compléments de tyrosine, elle s'est penchée sur les taux de tyrosine dans la circulation sanguine et sur la prédisposition génétique à des taux élevés à long terme. Les auteurs de l'étude soulignent :
« L'exposition interne tout au long de la vie n'est pas identique à la prise d'un complément alimentaire pendant une période limitée. »
Sur le plan pratique, rien ne justifie actuellement l'arrêt de la consommation d'aliments protéinés ou une restriction volontaire en protéines. Il n'est pas non plus prouvé que la réduction de la tyrosine par l'alimentation prolonge la vie humaine. Néanmoins, ces résultats justifient des recherches supplémentaires, en particulier chez les personnes consommant régulièrement des compléments de tyrosine. En attendant des réponses plus précises, il est recommandé de ne pas entamer une utilisation prolongée de ce complément sans l'avis d'un professionnel de santé.





