Traumatisme après le 7 octobre : pourquoi un survivant ne se voit pas reconnaître d'invalidité permanente
Malgré un diagnostic de stress post-traumatique et des avis médicaux, l'Institut national d'assurance (Bituach Leumi) continue d'attribuer un statut d'invalidité temporaire à un survivant du 7 octobre. L'avocat Gil Kraus dénonce une pratique révoltante, soulignant que l'obligation de prouver sans cesse son état aggrave le traumatisme des victimes.

G., un homme d'une soixantaine d'années habitant à Sdérot, s'est réveillé au son des sirènes le matin du 7 octobre. Depuis son balcon, il a vu des terroristes circuler en voiture dans la ville et tirer sur les passants. Pensant d'abord à un tournage de film, il est sorti à moto pour comprendre la situation. Ces détails figurent dans une plainte déposée contre l'Institut national d'assurance (Bituach Leumi).
Selon l'avocat Gil Kraus, qui représente G., l'institut contraint de nombreuses victimes du 7 octobre à se présenter à maintes reprises devant des commissions médicales, leur attribuant des invalidités temporaires même près de trois ans après les faits. L'avocat affirme que ce comportement aggrave considérablement leur traumatisme psychologique.
« Le terroriste s'est tourné vers moi et a tiré une rafale »
Lors de son trajet, G. a été témoin de scènes horribles. « J'ai vu les corps de femmes qui attendaient un bus, et l'espace protégé ne s'est pas ouvert pour elles », a-t-il raconté. Cherchant de l'aide, il s'est dirigé vers le commissariat.
Sur place, il a vu un terroriste debout au-dessus de deux policiers. « Le terroriste m'a remarqué, nos regards se sont croisés. Il s'est tourné et a tiré une rafale sur moi. Par une chance immense, une balle a touché le rétroviseur et le reste est passé à côté. Une milliseconde de plus et j'aurais été criblé de balles », se souvient-il. Sa mémoire s'est ensuite interrompue ; des voisins lui ont raconté plus tard l'avoir vu rentrer chez lui et s'effondrer dans les escaliers, se blessant à l'épaule.
Alors qu'il se terrait chez lui, il a échappé à la mort deux fois de plus. Alors qu'il était dans sa chambre pour charger son téléphone, un obus de mortier a frappé l'endroit où il se tenait quelques instants auparavant. « Si mon fils n'avait pas appelé, j'aurais été tué. J'ai échappé trois fois à la mort ce jour-là », confie-t-il.
La vie après le traumatisme
La plainte souligne qu'avant le 7 octobre, G. menait une vie accomplie, gérant une entreprise et entretenant des liens sociaux actifs. Depuis l'attaque, il s'est isolé, a quitté sa compagne et ne sort presque plus. Il a été diagnostiqué avec un trouble de stress post-traumatique (TSPT) et des acouphènes, et reste sous suivi psychiatrique constant.
Bien que son psychiatre ait confirmé que son état est permanent, l'Institut national d'assurance a fait appel de la décision de sa propre commission, qui avait initialement accordé à G. une invalidité permanente de 46 %. Suite à cet appel, le statut a été rétrogradé en invalidité temporaire et le taux réduit à 30 % sans justification.
L'avocat Kraus souligne que pour une victime de TSPT, chaque passage devant une commission n'est pas une formalité, mais un événement qui ravive le traumatisme. Il a l'intention de contester cette décision devant le Tribunal régional du travail dans les prochains jours.
L'Institut national d'assurance n'a pas fourni de réponse.





