Assurance maritime en Israël : expiration imminente du fonds public de garantie
Le fonds étatique d'assurance du fret maritime en Israël expire le 30 novembre, faisant craindre d'importantes lacunes de couverture pour les importateurs alors que les compagnies maritimes reviennent en mer Rouge.

Alors que les tensions géopolitiques s'intensifient au Moyen-Orient et que la perspective d'un conflit généralisé entre l'Iran, les États-Unis et Israël se rapproche, le secteur du transport maritime fait face à une échéance critique. Le 30 novembre prochain, le fonds d'indemnisation public pour le fret maritime, créé par le ministère des Finances au mois de mars, arrivera à expiration, laissant les compagnies maritimes sans filet de sécurité étatique.
La nécessité de ce soutien a été démontrée de manière éclatante lorsque le porte-conteneurs d'armement grec Contship Jet, affrété par ZIM et parti du port de Haïfa, a été attaqué par trois drones navals et coulé en mer Noire, théâtre central de la guerre en Ukraine.
Redéfinition des routes maritimes et impacts économiques
Parallèlement, le trafic dans le détroit d'Hormuz a subi un coup d'arrêt en raison des restrictions iraniennes et du blocus américain. Dans le même temps, les rebelles houthis saoudiens concentrent leurs pressions sur l'Arabie saoudite, contrôlant le détroit de Bab el-Mandeb par lequel transitait près de 12 % du commerce pétrolier mondial.
Cette situation explique l'approbation par le Parlement égyptien, le 26 octobre, d'un mandat autorisant le président Abdel Fattah al-Sissi à déployer des forces pour soutenir Riyad. Le canal de Suez, artère vitale pour l'économie égyptienne, a vu ses revenus chuter de 47,7 % à 3,8 milliards de dollars pour l'exercice 2024-2025, affectant sévèrement la croissance du pays.
Dispositif d'indemnisation et incertitudes pour les importateurs
Face aux risques croissants, l'administration fiscale israélienne avait établi en mars un mécanisme garantissant les marchandises transportées en période de conflit. Les pertes liées à la saisie de navires s'inscrivant dans le cadre de la guerre sont ainsi reconnues comme dommages de guerre, avec des taux de prime fixés à 0,5 % par an pour les cargaisons allant jusqu'à 2 millions de dollars, et à 4,5 % pour les montants supérieurs.
Cependant, Elad Barshan, expert en douane et logistique internationale chez Moran Cargo, souligne l'existence d'un fossé assurantiel majeur. Les polices commerciales excluant souvent les risques de guerre, la fin prochaine du dispositif étatique compromet la planification à long terme des importateurs.
Retour progressif en mer Rouge
Malgré ces incertitudes, et après des mois de contournement par le cap de Bonne-Espérance, de géants mondiaux du transport maritime tels que Maersk, Hapag-Lloyd, Cosco et Yang Ming ont annoncé ces derniers mois leur retour progressif en mer Rouge. Une reprise qui réduit les coûts de transport et améliore la gestion des stocks, mais reste suspendue à l'évolution de la situation sécuritaire régionale.





