Pour changer la fonction publique, il est temps de gérer le gouvernement comme une entreprise
L'inflation dans les ministères et le nombre élevé de ministres entraînent lourdeur, doublons et paralysie administrative. La solution proposée est simple, progressive et réversible : une redistribution du travail de sorte que les ministres ne soient que des décideurs politiques et des superviseurs, tandis que les directeurs généraux professionnels prendraient les rênes de la gestion réelle. Tribune libre.

L'auteur est le chef du conseil local de Tzur Hadassah.
« Ils lui disaient : ne te décourage pas, fiston, la situation pourrait être bien pire. Alors il s'est encouragé et la situation est vraiment devenue pire » (Histoire de l'épicerie, groupe Kaveret).
Il y a près de six ans, j'ai publié sur cette plateforme une tribune traitant des difficultés fondamentales du fonctionnement des gouvernements israéliens. J'ai alors soutenu que les motivations politiques, parallèlement à la perception erronée selon laquelle un ministre doit diriger chaque ministère, ont conduit à une inflation des ministères gouvernementaux — certains avec des doublons de ministres et de vice-ministres. J'ai souligné les difficultés que cela causait au fonctionnement du gouvernement : au sein même des ministères, dans la coordination interministérielle et dans le travail de la plénière.
Depuis, trois gouvernements se sont succédé en Israël, et « la situation est vraiment devenue pire ». Dans le gouvernement actuel, pas moins de 31 ministères fonctionnent, et 33 ministres y ont servi (dans deux ministères, deux ministres ont servi simultanément) aux côtés de vice-ministres et de ministres sans portefeuille. Ce n'est pas tout : au cours de son long mandat, 54 changements de ministres et de vice-ministres ont été effectués, la structure des ministères et la répartition des pouvoirs ont été modifiées encore et encore, et depuis de longs mois, l'un des ministères les plus importants du pays fonctionne sans ministre à plein temps.
Le but de cette tribune n'est pas de critiquer tel ou tel gouvernement, et je ne détaillerai donc pas ses échecs ou ses réussites. Mais les lecteurs avisés de Globes conviendront probablement que le fonctionnement du 37e gouvernement n'a pas été optimal.
La nouvelle réalité exige un changement structurel fondamental
Maintenant, à la veille de la mise en place du premier gouvernement après le déclenchement de la guerre « Épées de fer », il semble qu'il n'y ait aucune contestation sur l'aspiration du public à une amélioration spectaculaire du fonctionnement du gouvernement — indépendamment de sa composition politique. Pour parvenir à une telle amélioration, il faut choisir une voie qui, d'une part, constituera un changement conceptuel fondamental mais, d'autre part, sera facilement applicable et réversible sans effort.
Ces dernières années, une pléthore d'idées ont été avancées pour améliorer la structure du gouvernement : du passage à un régime présidentiel, à la décentralisation des pouvoirs par région, jusqu'aux propositions habituelles de réduction du nombre de ministères. Certaines de ces propositions ne sont pas applicables, et certaines n'apportent qu'une réponse ponctuelle qui ne résoudra pas le problème de fond.
C'est pourquoi je souhaite proposer à nouveau un changement structurel fondamental mais étonnamment simple : un modèle qui peut être facilement mis en œuvre (même partiellement), dont on peut revenir sans frais si nécessaire, et qui permet simultanément d'obtenir une amélioration significative du travail du gouvernement et de ses ministères.
Le modèle de gestion d'entreprise au service du gouvernement israélien
La proposition consiste à adopter au sein du gouvernement israélien le modèle de gestion des plus grandes entreprises mondiales. Une entreprise commerciale est gérée par une direction professionnelle qui comprend des bras exécutifs (marketing, production, finance, etc.). Au-dessus de la direction se trouve un PDG, et au-dessus d'eux opère le conseil d'administration — l'organe nommé par les propriétaires pour déterminer la stratégie et la politique, choisir le PDG, superviser son activité et mettre fin à ses fonctions si nécessaire. Les administrateurs ne sont pas des gestionnaires et ne dirigent pas un département spécifique ; ils portent une responsabilité globale envers les propriétaires et agissent par le biais de comités désignés (audit, finance, etc.).
Et voici comment je propose d'appliquer le modèle au gouvernement israélien : premièrement, le niveau politique (le conseil d'administration) — le gouvernement sera composé de ministres selon les besoins de la coalition, qui serviront en plénière et dans les comités ministériels. Les ministres seront des politiciens (on peut utiliser la loi norvégienne), car seuls les élus savent représenter l'intérêt public et manœuvrer entre des besoins contradictoires — contrairement aux fonctionnaires et régulateurs professionnels qui voient, à juste titre de leur point de vue, uniquement leur domaine de responsabilité étroit.
Quant au niveau professionnel (la direction exécutive), les ministères seront divisés en groupes (économie, sécurité, société, etc.). Chaque groupe sera sous la supervision d'un comité ministériel, qui sera responsable de la nomination des PDG dans les ministères, de la détermination de la politique du ministère sur diverses questions, de l'approbation des plans de travail et de la supervision de l'exécution. Le travail des PDG sera coordonné horizontalement par le directeur général du bureau du Premier ministre.
La division créera une séparation claire : les politiciens se concentreront sur la définition de la politique et la supervision, et les professionnels qu'ils ont nommés seront responsables de l'exécution.
Cette proposition présente de nombreux autres avantages qui pourront être détaillés plus tard, mais son principal mérite est la praticité : elle peut être appliquée dès le prochain gouvernement comme projet pilote sur certains ministères, et testée sans risque ni coûts de transition. Si nécessaire, il est toujours possible de revenir à l'ancienne méthode.
Le moment est venu de discuter de cette proposition, et le plus tôt sera le mieux.



