Ni droite ni gauche : les élections du 27 octobre portent sur la question de savoir qui nous sommes | Dr Nissim Katz

La campagne électorale s'est transformée en une guerre des identités. La plupart des candidats ne présentent pas de programmes de travail, mais se concentrent sur la preuve de leur appartenance tribale.

MaarivAuteur : Dr Nissim Katz
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Ni droite ni gauche : les élections du 27 octobre portent sur la question de savoir qui nous sommes | Dr Nissim Katz
Photo : Maariv / הצבעה בקלפי | צילום: אוליבייה פיטוסי פלאש 90

Le 27 octobre est marqué dans le calendrier politique comme un jour de décision nationale dramatique. Cependant, un citoyen qui chercherait dans l'isoloir le débat familier sur le niveau des impôts, les prix du logement ou la bonne manière de résoudre le conflit israélo-palestinien pourrait découvrir que ces questions ont été reléguées au second plan.

La campagne électorale actuelle ne porte plus sur la question du « comment » — c'est-à-dire de quelle manière il est juste de gérer l'État et ses ressources — mais sur la question du « quoi », qui touche à son essence même et à son existence. Plus que jamais, les élections seront une arène d'affrontement frontal dans la tension structurelle entre la définition d'Israël comme juif et sa définition comme démocratique.

Par le passé, la droite et la gauche s'affrontaient vivement sur les frontières de l'État, sur l'avenir des implantations et sur la manière de lutter contre le terrorisme. Sur le plan économique, le débat oscillait entre des conceptions social-démocrates et une vision capitaliste. Il s'agissait de désaccords idéologiques profonds et incisifs, mais ils se déroulaient sous une prémisse commune concernant les règles du jeu démocratique et un large consensus sur le caractère fondamental de l'État.

Aujourd'hui, les règles du jeu elles-mêmes sont devenues le sujet du débat principal. Les élections agissent comme un miroir placé devant la société israélienne, et celui-ci reflète une fracture identitaire profonde et inquiétante. D'un côté de la barricade se trouve le camp qui brandit le drapeau de la « mamlakhtiyut » (étatisme). Pour lui, la démocratie ne se limite pas à une procédure technique de réalisation de la volonté de la majorité dans l'isoloir, mais constitue une essence globale fondée sur l'égalité civile complète, la protection de la minorité, l'indépendance absolue du système judiciaire et la préservation des valeurs libérales.

Aux yeux de ses partisans, Israël doit être une démocratie occidentale éclairée, où l'identité juive confère une profondeur culturelle et nationale, mais ne dicte pas le mode de vie ou la structure du gouvernement et de la loi.

De l'autre côté se trouve le camp qui cherche à souligner la composante juive et à la placer au-dessus de la composante démocratique. Pour une grande partie de celui-ci, la valeur suprême et directrice est l'identité religieuse, halakhique ou nationale-particulière. De leur point de vue, la démocratie est un outil digne pour exprimer la volonté de la majorité, mais elle est soumise à ce qu'ils perçoivent comme l'éternité d'Israël, comme la tradition des pères, comme un droit historique.

Cet affrontement transforme la politique d'une arène factuelle en une lutte personnelle et existentielle. Lorsque nous débattons de l'identité fondée sur des valeurs, il n'y a pas de place pour le compromis. C'est un jeu cruel à somme nulle : si l'État est perçu comme « plus juif », il est ressenti par un camp comme « moins démocratique », et vice versa.

La campagne électorale s'est transformée en une guerre des identités (Identity Politics) dans son sens le plus profond et le plus clivant. La plupart des candidats ne prennent plus la peine de présenter des programmes de travail détaillés, mais se concentrent sur la preuve de leur appartenance tribale. La seule question qui reste est de savoir si vous appartenez au camp libéral-laïc ou au camp conservateur-religieux-traditionnel.

Les élections ne concernent pas la gestion de l'État, mais la définition de son visage et de son image pour les générations à venir. L'électeur votera pour le reflet de son identité, qui déterminera la politique, et la question « qui sommes-nous » laissera dans l'ombre la question « que ferons-nous ».

L'auteur est un expert en communication et en politique.

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