Course spatiale : la Chine, la Russie et les USA visent un réacteur sur la Lune
Les États-Unis, la Chine et la Russie s'affrontent pour implanter le premier réacteur nucléaire sur la Lune d'ici 2030, soulevant des défis technologiques et des risques de sécurité.

Les États-Unis, la Chine et la Russie se sont lancés dans une course acharnée pour construire le tout premier réacteur nucléaire sur la Lune. Alors que la course à l'espace d'antan opposait Washington à l'Union soviétique, la NASA s'efforce aujourd'hui de lancer son propre réacteur d'ici décembre 2030. Cette accélération répond au calendrier de la Chine et de la Russie, qui collaborent sur un projet commun visant une mise en service en 2036.
L'objectif de ces superpuissances est d'implanter une base lunaire alimentée par ce réacteur, d'extraire des ressources telles que de la glace d'eau et de propulser de futures missions lointaines dans le système solaire. La Russie, forte d'une vaste expérience héritée de la guerre froide, mise principalement sur l'énergie nucléaire.
L'héritage russe et la riposte de la NASA
La Russie a envoyé plus de 30 réacteurs dans l'espace, principalement dans les années 1970 et 1980. Elle détient le plus grand stock d'uranium faiblement enrichi, un combustible jugé plus sûr, tandis que les États-Unis font face à une pénurie de ce matériau. Le dernier lancement de réacteur spatial par la NASA remonte à 1965, et malgré plus de 20 milliards de dollars investis dans des programmes similaires, aucun vol n'a depuis eu lieu.
Moscou développe actuellement le réacteur « Selena » pour alimenter les futures bases chinoises d'ici 2036, avec une puissance de 10 kilowatts pendant une décennie. De son côté, la NASA accélère la production du Lunar Reactor 1, visant 20 kilowatts pour une autonomie de cinq ans, tout en prévoyant une propulsion nucléaire vers Mars dès 2028.
Défis techniques et risques environnementaux
De nombreux experts estiment que ces échéances seront probablement repoussées, aucune nation n'ayant encore prouvé sa capacité à poser une telle charge radioactive sur le sol lunaire accidenté. Les scientifiques s'inquiètent également des risques de défaillance au lancement et de retombées radioactives.
« Les dangers incluent des échecs de mise en orbite pouvant entraîner la dispersion de matières radioactives dans l'atmosphère, à l'instar de la chute du satellite Cosmos 954 en 1978 au Canada », soulignent des experts en sécurité.
Alors que la NASA privilégie l'uranium faiblement enrichi, le débat persiste quant à l'utilisation potentielle d'uranium hautement enrichi, plus léger mais porteur de risques de prolifération nucléaire.





