« L'homme qui murmure » : un film qui murmure là où il devrait crier
Avec Robert De Niro en tête d'affiche, « L'homme qui murmure » sur Netflix est un thriller policier qui tente de s'aventurer dans le domaine psychologique, mais sans vraiment convaincre. Si l'intrigue est prévisible, le refus de forcer sur les rebondissements permet au film de conserver un certain réalisme.

S'il était sorti en salles plutôt que sur Netflix, L'homme qui murmure (The Whisper Man) aurait pu être l'un des films les plus discutés de l'été. Il possède tous les ingrédients nécessaires : un acteur contemporain estimé (Adam Scott de Severance), une légende du cinéma qui assure toujours (Robert De Niro), une intrigue mystérieuse basée sur un best-seller et un antagoniste terrifiant. Il est évident que les créateurs ont cherché à réaliser un drame à suspense de qualité, en suivant les règles à la lettre. Mais ils ont peut-être été si prudents qu'ils ont oublié que pour faire un grand film, il faut aussi savoir crier, et pas seulement murmurer.
Il s'agit d'un thriller sombre centré sur un tueur en série d'enfants. L'intrigue suit une banlieue américaine où des enfants sont enlevés selon un mode opératoire identique à celui d'une série de crimes survenus 30 ans plus tôt. Le tueur original, surnommé « L'homme qui murmure », enlevait ses victimes et envoyait des cassettes audio troublantes aux parents pour leur infliger un sentiment de culpabilité. La détective Amanda Beck (Michelle Monaghan) décide de se tourner vers Peter Willis (De Niro), le policier qui avait résolu l'affaire à l'époque, bien que l'enquête ait brisé sa vie personnelle. Parallèlement, Tom Kennedy (Scott), récemment veuf, s'installe en ville avec son fils de 10 ans, Jake. Lorsque Jake est enlevé, Tom, rongé par la culpabilité, est contraint de demander l'aide du père qui l'a abandonné durant son enfance : Peter Willis.
L'homme qui murmure est un film que l'on veut aimer, mais il faut admettre qu'il ne parvient pas à innover. Le réalisateur James Ashcroft suit bien les conventions du genre : le rythme est juste, le drame est direct et le jeu d'acteur est convaincant. De Niro en fait le moins possible pour exprimer ses émotions, mais cela joue en sa faveur, car son manque d'empathie et sa distance renforcent le drame familial. Cependant, la tentative de transformer ce thriller policier en thriller psychologique reste superficielle et décevante.
Impossible de regarder L'homme qui murmure sans penser au légendaire Le Silence des agneaux. Hannibal Lecter parvenait à secouer psychologiquement la détective et le public en quelques minutes seulement, car son personnage était d'une précision terrifiante. L'homme qui murmure n'est pas un monstre de ce calibre. Il représente certes une boucle bouclée pour Willis, mais ne parvient pas à enrichir l'univers du spectateur avec une véritable horreur psychologique. La dimension de choc attendue, censée donner une leçon de vie aux personnages, ne se produit jamais.
Bien que le film reste en eaux peu profondes et soit totalement prévisible, le refus de poursuivre des rebondissements psychologiques complexes l'aide à maintenir un réalisme dramatique. De plus, cela permet un moment final qui, grâce à l'attente, parvient réellement à surprendre. Ce sont deux heures qui se regardent sans déplaisir et procurent une satisfaction modérée. Il est simplement dommage que les créateurs n'aient pas pris davantage de risques, laissant le film dans les mémoires comme un murmure plutôt que comme une révélation.





