L'habitude qu'ont près de la moitié des adultes : quand devient-elle un problème ?

Une étude récemment publiée dans la revue « Appetite » a examiné le lien entre notre capacité à gérer nos émotions et l'alimentation émotionnelle — un état dans lequel nous nous tournons vers la nourriture non pas parce que nous avons faim, mais à la suite de stress, de tristesse, d'anxiété ou d'autres sentiments. Les chercheurs ont découvert que la difficulté à gérer les émotions est liée à une tendance accrue à l'alimentation émotionnelle, un phénomène qui, selon les données, concerne environ 40 % à 45 % des adultes et environ 30 % des adolescents.

Now14Auteur : Efrat Briner
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L'habitude qu'ont près de la moitié des adultes : quand devient-elle un problème ?
Photo : Now14 / אכילה רגשית, אילוסטרציה | צילום: קנבה

Une étude récemment publiée dans la revue « Appetite » a examiné le lien entre notre capacité à gérer nos émotions et l'alimentation émotionnelle — un état dans lequel nous nous tournons vers la nourriture non pas parce que nous avons faim, mais à la suite de stress, de tristesse, d'anxiété ou d'autres sentiments. Les chercheurs ont découvert que la difficulté à gérer les émotions est liée à une tendance accrue à l'alimentation émotionnelle, un phénomène qui, selon les données, concerne environ 40 % à 45 % des adultes et environ 30 % des adolescents.

Ce phénomène est familier à presque tout le monde : une journée difficile au travail se termine par la recherche de quelque chose de sucré, la tension mène au grignotage et l'ennui nous pousse à ouvrir le réfrigérateur même peu de temps après avoir mangé. Il s'agit en fait d'alimentation émotionnelle — une alimentation qui découle d'une émotion et non d'un besoin physique du corps.

En soi, elle n'est pas définie comme un trouble psychologique et n'indique pas nécessairement un problème. La nourriture fait partie de la façon dont les êtres humains vivent les émotions : nous pouvons manger quand nous sommes tristes ou stressés, mais aussi célébrer des événements joyeux autour d'un repas. La question centrale n'est pas de savoir si cela arrive, mais à quelle fréquence et à quel point nous avons besoin de nourriture pour faire face à ce que nous ressentons.

Manger une collation après une journée stressante ou un dessert pour se remonter le moral n'est pas en soi une cause d'inquiétude. Le problème peut commencer lorsque la nourriture devient une réponse presque automatique à la détresse et l'outil principal par lequel une personne fait face à des émotions difficiles. La raison en est simple : la nourriture peut apporter un réconfort immédiat, mais le soulagement peut être de courte durée. Dans certains cas, il est même remplacé par la suite par un sentiment de culpabilité, et l'émotion qui a conduit à manger en premier lieu demeure.

Lorsque ce schéma se répète régulièrement, et surtout lorsque la gestion des émotions est basée sur des aliments riches en sucre ou en graisse, les études le lient à long terme à un risque accru d'obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires, ainsi qu'à un risque accru de développer des troubles du comportement alimentaire.

Des chercheurs de l'Université du Pays basque en Espagne ont cherché à mieux comprendre pourquoi certaines personnes ont tendance à se tourner vers la nourriture lorsqu'elles sont confrontées à des émotions. Pour ce faire, ils ont mené une méta-analyse, combinant et examinant les résultats de plusieurs études précédentes pour obtenir une image plus large. Les résultats ont souligné un lien entre la difficulté de régulation émotionnelle et l'alimentation émotionnelle.

En termes simples, les personnes qui ont plus de mal à identifier leurs émotions, à y faire face ou à trouver un moyen de se calmer peuvent être plus enclines à utiliser la nourriture comme moyen de gérer ces émotions. Ce lien a été constaté tant chez les hommes que chez les femmes, bien que, selon les études, les femmes aient tendance dans une certaine mesure à manger davantage en réponse aux émotions.

Malgré les résultats, les chercheurs ne désignent pas l'alimentation émotionnelle elle-même comme un problème à éviter dans toutes les situations. La nourriture peut être l'un des moyens par lesquels nous faisons face à une journée difficile. Parallèlement à la nourriture, il existe d'autres moyens de faire face à la détresse — parler à une autre personne, faire de l'activité physique, se distraire ou toute autre activité qui aide à réduire la tension.

La difficulté commence lorsque la nourriture reste la seule ou la principale option. C'est aussi la raison pour laquelle l'étude attire l'attention spécifiquement sur la régulation émotionnelle : la capacité à identifier ce que nous ressentons et à faire face à l'émotion de différentes manières peut également affecter nos habitudes alimentaires.

L'un des moyens simples de comprendre ce qui se cache derrière l'envie de manger est de s'arrêter avant de s'approcher de la nourriture et d'essayer d'identifier ce que nous ressentons à ce moment-là. Le matériel suggère deux questions simples : « Puis-je nommer ce que je ressens maintenant ? » et « Existe-t-il un autre moyen pour moi de me sentir mieux en ce moment ? ». Le but n'est pas de déterminer qu'il est interdit de manger si la réponse est le stress ou la tristesse. Cela permet simplement de distinguer une situation où le corps demande de la nourriture d'une situation où nous cherchons du réconfort à travers elle.

Les résultats ne transforment pas le fait de manger après un stress ou une tristesse en un trouble. Au contraire, c'est un comportement très courant. La différence réside dans le schéma. Si la nourriture est l'un des nombreux moyens de faire face aux émotions, il n'y a pas nécessairement quelque chose d'inhabituel à cela. Mais si presque chaque situation de stress, d'anxiété, de tristesse ou d'ennui se termine par une prise alimentaire, il peut être utile d'examiner ce qui en est la cause.

La signification centrale qui ressort de l'étude est donc simple : parfois, la question importante n'est pas ce que nous mangeons, mais ce qui nous a donné envie de manger en premier lieu. Lorsque la relation avec la nourriture provoque une détresse ou un sentiment de perte de contrôle, il est recommandé de consulter un médecin, un psychologue ou un diététicien diplômé pour obtenir des conseils professionnels.

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