Les salaires en Israël montent en flèche : des données inquiétantes compliquent la tâche de la Banque d'Israël
Selon une nouvelle revue macroéconomique de Leader Capital Markets, l'économie se redresse rapidement, mais le bond annuel des salaires d'environ 7 % crée un risque d'inflation réel et complique la prochaine décision sur les taux d'intérêt.

L'économie israélienne continue de se redresser à un rythme rapide, mais parallèlement, les décideurs politiques sont confrontés à une série de forces opposées qui pourraient compliquer les décisions de la Banque d'Israël concernant les taux d'intérêt. C'est ce qui ressort de la revue macroéconomique hebdomadaire de la maison d'investissement Leader Capital Markets, publiée ce dimanche.
Selon la revue, l'activité économique en Israël s'est considérablement redressée, la principale exception étant le secteur hôtelier, toujours confronté à une pénurie de touristes étrangers. Parallèlement, le marché du travail est défini comme « très tendu » : à l'exception du secteur de la construction, où la pénurie de travailleurs s'est atténuée suite à l'entrée de main-d'œuvre étrangère, les secteurs de l'industrie, du commerce et des services signalent une aggravation de la pénurie de personnel.
Le résultat est bien ressenti au niveau des salaires. Selon Leader, les salaires dans le secteur des entreprises augmentent à un rythme annuel d'environ 7 %. Dans les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration, une augmentation de 7,5 % a été enregistrée, dans la construction 6 % et dans l'industrie 5,7 %. La maison d'investissement prévient qu'il est déjà difficile d'expliquer cette augmentation par des changements dans la composition des travailleurs, et qu'il s'agit d'un risque réel d'augmentation de l'inflation, principalement dans les prix des services.
Parallèlement, l'exportation de services de haute technologie continue de se développer et approche les 6 milliards de dollars par mois. La haute technologie, qui représente environ 11 % du PIB, continue d'être un moteur majeur de l'économie, malgré une certaine réduction de la main-d'œuvre dans le secteur suite à des mesures d'efficacité et à la pénétration des technologies d'intelligence artificielle. Le renforcement du shekel rend les choses difficiles pour certaines entreprises, mais nuit moins aux entreprises axées sur l'exportation de services.
Ainsi, la Banque d'Israël est confrontée à un dilemme. D'une part, les anticipations d'inflation pour l'année à venir sont tombées à 2,03 %, le niveau le plus bas depuis janvier 2021, et le renforcement du shekel crée une pression en faveur d'un assouplissement monétaire. D'autre part, la reprise de l'activité et le bond des salaires pourraient créer des pressions inflationnistes et justifier la prudence dans la décision de baisser le taux d'intérêt.
Selon la revue, il sera difficile de s'attendre à ce que le taux d'intérêt en Israël tombe en dessous du niveau de 3,25 %. Leader note également que le rendement des obligations d'État israéliennes à 10 ans est environ 0,75 % inférieur à celui des obligations équivalentes aux États-Unis. La maison d'investissement privilégie actuellement l'instrument libellé en shekels pour le moyen terme et l'instrument indexé sur l'indice pour le court terme.
Aux États-Unis, la situation est également complexe. Les données de juillet ont indiqué une diminution de 23 000 personnes employées, parallèlement à des révisions à la baisse des données des mois précédents, mais le secteur privé a en fait ajouté 30 000 emplois. Le taux de chômage est tombé à 4,1 %, en partie dans le contexte d'une diminution du taux de participation à 61,4 %.
Les données des directeurs d'achat aux États-Unis indiquent une accélération continue de l'activité, mais la composante des prix des services est passée de 67,7 à 70,3, un chiffre qui renforce la crainte d'une inflation persistante. D'autre part, le taux de croissance des salaires par heure de travail s'est modéré entre 3,2 % et 3,5 %, un chiffre qui peut apporter un certain optimisme concernant les pressions sur les prix.
À la lumière de ces données, le marché américain a réduit la probabilité intégrée d'une baisse des taux d'intérêt en septembre de 55 % à 42 %. Leader estime que même au niveau mondial, une politique budgétaire expansionniste et d'énormes investissements dans l'infrastructure de l'intelligence artificielle et les centres de données pourraient maintenir un coût du capital élevé et empêcher une baisse significative des rendements obligataires.
En regardant vers l'avenir, la croissance continue des exportations de services de haute technologie et la levée de fonds à l'étranger pourraient continuer à soutenir le compte courant et à renforcer le shekel. D'autre part, la hausse rapide des salaires et la pénurie de travailleurs posent un défi important à la Banque d'Israël, précisément à un moment où les marchés attendent la possibilité d'une baisse des taux d'intérêt.





