Les droits de douane de Trump seront-ils bloqués ? Le gouvernement a interdit l'importation de marchandises produites par le travail forcé
Le gouvernement israélien a approuvé l'interdiction d'importer des biens produits par le travail forcé. Cette mesure vise à éviter de nouveaux droits de douane américains de 12,5 % sur les exportations israéliennes.

Le gouvernement a approuvé la proposition d'interdire l'importation en Israël de biens produits, en tout ou en partie, par le travail forcé. Il s'agit d'une tentative de bloquer à la dernière minute les nouveaux droits de douane américains annoncés par le président Donald Trump au cours du week-end.
La décision charge le ministre de l'Économie et de l'Industrie d'établir une procédure interdisant l'importation de produits fabriqués par le travail forcé, conformément aux normes acceptées en droit international. Parallèlement, une équipe interministérielle dirigée par le Conseil économique national au bureau du Premier ministre continuera à élaborer un mécanisme d'application et de contrôle efficace, qui sera soumis à l'approbation du gouvernement dans un délai de 90 jours.
Cette mesure israélienne fait suite à un changement de stratégie juridique de l'administration Donald Trump. Après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé en février la majeure partie du programme tarifaire qui reposait sur des pouvoirs d'urgence, l'administration a choisi de fonder sa politique sur une nouvelle voie : des enquêtes commerciales se concentrant sur les pays qui, selon elle, ne prennent pas de mesures suffisantes pour empêcher l'importation et la production de produits fabriqués par le travail forcé.
Au cours du week-end, l'administration américaine a publié une liste d'environ 60 pays pour lesquels de nouveaux droits de douane ont été fixés, dont Israël, qui devrait être soumis à un droit de douane de 12,5 % sur ses exportations vers les États-Unis (contre 10 % aujourd'hui) — à moins qu'il ne parvienne à convaincre l'administration américaine qu'il répond aux nouvelles exigences concernant le travail forcé. La proposition approuvée par le gouvernement stipule qu'Israël interdira de manière exhaustive l'importation de produits fabriqués par le travail forcé, adoptant ainsi une politique similaire à celle sur laquelle l'administration américaine se base désormais. Par conséquent, Israël pourra faire valoir qu'il respecte la nouvelle norme fixée par Washington concernant l'interdiction du commerce de produits fabriqués par le travail forcé, renforçant ainsi sa demande de réduction ou d'annulation des droits de douane.
Dans le secteur des affaires, des critiques ont été formulées au cours du week-end sur le fait que cette mesure arrivait tardivement. Selon Ron Tomer, ancien président de l'Association des industriels et propriétaire de la société pharmaceutique Unipharm :
« L'administration américaine n'a pas changé sa position sur la question du jour au lendemain. L'intention de fonder la politique tarifaire sur le travail forcé était connue depuis un certain temps, et l'enquête américaine était en cours depuis des semaines. Il aurait été possible de commencer plus tôt à adapter la législation et la réglementation en Israël et même de mener des négociations plus intensives avec Washington. »





