Le tribunal national du travail : une conversation de « coming out » ne constitue pas un harcèlement sexuel
Le tribunal national du travail a annulé une indemnisation de 100 000 shekels accordée à une employée, statuant qu'une conversation personnelle sur l'orientation sexuelle d'un supérieur ne relève pas du harcèlement sexuel.

Le tribunal national du travail a annulé une indemnisation de 100 000 shekels accordée à une employée d'une entreprise de cyber-sécurité à la suite d'une plainte pour harcèlement sexuel contre son ancien directeur. Les juges ont estimé qu'il n'avait pas été prouvé que le directeur ait harcelé l'employée alors qu'elle occupait le poste de directrice des ressources humaines.
L'affaire portait sur une demande d'indemnisation de 2,4 millions de shekels, la plaignante affirmant avoir été forcée à des discussions sexuelles explicites. La plaignante a soutenu que le directeur avait brusquement partagé des détails graphiques sur ses expériences sexuelles. Le directeur, quant à lui, a affirmé que la conversation visait à instaurer une confiance mutuelle, lors de laquelle il a partagé un détail intime sur son identité sexuelle, notamment une anecdote sur une visite dans un club de strip-tease.
Le tribunal a conclu qu'il s'agissait d'une conversation complexe de « coming out » d'un homme marié, ne contenant aucun message sexuel dirigé contre l'employée. Un élément décisif a été l'absence de l'enregistrement de la conversation, que la plaignante prétendait détenir mais n'a jamais soumis au tribunal. Les juges ont également noté que la plaignante avait activement encouragé le directeur à se confier.
Malgré l'annulation de l'indemnisation, le tribunal a décidé de ne pas condamner la plaignante aux frais de justice afin d'éviter tout « effet dissuasif » pour les futures plaintes pour harcèlement.
L'avocat de la défense, Me Guy Planter, a déclaré : « Cette décision rappelle que toute discussion personnelle sur le lieu de travail ne constitue pas un harcèlement sexuel ». À l'inverse, l'avocate de la plaignante, Me Roni Aloni Sadovnik, a dénoncé un « effondrement des valeurs du droit du travail », soulignant que le problème réside dans l'abus de pouvoir lorsqu'un supérieur utilise une subordonnée comme confidente pour ses dilemmes personnels.

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