« Le parking pétrolier » : comment les pays du Golfe contournent le blocus du détroit d'Ormuz

Des images satellites ont révélé des dizaines de transferts de pétrole « navire à navire » dans le golfe d'Oman. Alors que l'Iran est en difficulté face au blocus naval, les pays de la région adaptent leurs chaînes d'approvisionnement en utilisant la haute mer pour transiter des millions de barils de brut.

N12Auteur : Asaf Rosenzweig
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« Le parking pétrolier » : comment les pays du Golfe contournent le blocus du détroit d'Ormuz
Photo : N12 / "חניון הנפט" הגדול במפרץ עומאן | צילום: TankerTrackers

Des données satellites ont identifié entre 15 et 20 transferts de pétrole « navire à navire » (STS) dans le golfe d'Oman, un seul d'entre eux étant lié à l'Iran. Il s'agit de dizaines de millions de barils de pétrole, représentant une part importante de la production quotidienne des pays du Golfe. Ces éléments confirment que les acteurs régionaux parviennent à manœuvrer pour contourner les restrictions, tandis que l'Iran fait face à des difficultés croissantes en raison du blocus naval imposé par les États-Unis.

Selon la société de suivi TankerTrackers, au moins 20 points de rencontre ont été identifiés où la cargaison est transférée directement entre pétroliers sans nécessité de déchargement portuaire. Les estimations font état d'un volume total d'environ 25 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés. Il est à noter que le pétrole provient de presque tous les pays de la région, à l'exception de l'Iran.


Un « parking » en pleine mer

La concentration de pétroliers dans le golfe d'Oman a créé une scène inhabituelle, ressemblant à un immense parking en pleine mer. Au lieu de suivre les routes habituelles, les navires quittant le golfe Persique rencontrent des pétroliers attendant à l'extérieur du détroit d'Ormuz pour transférer leur cargaison. Ce processus permet de modifier l'identité des navires et d'assurer la poursuite du transport malgré les risques associés au détroit.

Cette activité souligne la manière dont le marché de l'énergie s'adapte à l'incertitude régionale. Les compagnies maritimes cherchent à réduire leur exposition aux points de passage vulnérables en créant des chaînes d'approvisionnement plus flexibles, loin des zones de menaces potentielles.

Efforts diplomatiques et tensions

Parallèlement à ces ajustements logistiques, des négociations diplomatiques intenses se déroulent à Téhéran. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, s'est rendu en Iran pour discuter d'un accord sur la gestion du détroit d'Ormuz, tandis qu'une visite du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed Al-Thani, est également attendue.

Selon la chaîne saoudienne Al-Hadath, le commandant de l'armée pakistanaise, Asim Munir, agissant comme médiateur entre l'Iran et les États-Unis, a proposé que Washington lève le blocus naval et les sanctions en échange de l'arrêt des attaques des organisations terroristes soutenues par l'Iran. Cependant, les cercles conservateurs iraniens, dont le journal Kayhan, restent sceptiques, qualifiant la visite de Munir d'« opération de tromperie » américaine. Téhéran continue d'insister sur le fait qu'il ne rouvrira pas le détroit sans garantir son contrôle exclusif.

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