Le faux désarmement : Israël doit résister
Quiconque croit que le Hamas, qui a continué à s'armer, à recruter des milliers de terroristes et à assassiner ses opposants même après le retour des otages, changera soudainement de nature, se trompe avant tout lui-même.
Avec toute la compréhension pour la déception attendue et annoncée à l'avance du président américain Donald Trump, si Israël ne suit pas la voie dite de « désarmement du Hamas », le Premier ministre Benjamin Nétanyahou devra prendre en compte une déception bien plus profonde chez la majorité des citoyens israéliens, y compris nombre de ses électeurs, s'il choisit d'emprunter cette voie.
Cette idée, en soi, est aussi agréable et réaliste que l'idée de transformer la bande de Gaza en « Singapour du Moyen-Orient ». Le problème n'est pas l'objectif, qui est le désarmement du Hamas. Le problème est que l'accord qui se dessine est un mirage et une tromperie, et Nétanyahou, tout comme certains membres de l'équipe de Trump, le savent très bien.
Le Hamas a déjà clarifié à la fin de la semaine qu'il ne permettrait pas la destruction de ses armes, mais seulement leur stockage ; qu'il ne permettrait pas leur sortie de la bande de Gaza, et qu'il ne remettrait pas les armes entre les mains d'Israël, mais seulement au Comité national pour la gestion de Gaza. Le Hamas, s'avère-t-il, ne se désarme pas mais devient simplement partenaire dans la gestion de son arsenal, et ce n'est que le début. Pour l'organisation, l'accord n'est rien de plus qu'une « pause publicitaire » et un achat de temps qui lui permettra de se reconstruire à l'avenir.
L'aveuglement rose américain
Quiconque croit que l'organisation — qui, même après le retour des otages, a continué à s'armer, à produire des munitions, à installer des tours, à recruter des milliers de terroristes dans ses rangs, à spéculer sur l'aide internationale pour renforcer son contrôle sur les habitants, et même à assassiner ses opposants — changera soudainement de nature, se trompe avant tout lui-même. Croire que l'organisation a décidé de lever un drapeau blanc relève de l'illusion et de l'aveuglement rose américain.
Israël ne doit pas participer à ce jeu dangereux, à moins que le Hamas ne se désarme d'abord de toutes ses armes (légères et lourdes), de tous ses tunnels et de toutes les usines de munitions qu'il a établies. Pas d'une partie, pas d'une minorité et même pas de la majorité, mais de toutes, et il doit également démanteler tous ses mécanismes de sécurité, de police et de gouvernement. Avant cela, il est interdit de reculer ne serait-ce qu'un peu de la ligne jaune, qui doit devenir une ligne rouge pour nous, et il est certainement interdit de se contenter de contrer les « menaces émergentes », mais il faut maintenir une pleine liberté d'action comme cela a été le cas jusqu'à présent.
Il y a seulement deux semaines, Khalil al-Hayya s'est engagé à poursuivre la voie des martyrs jusqu'au retour complet et à la libération totale de la Palestine, ainsi qu'à la libération d'Al-Aqsa. Il a clarifié que la voie de la résistance était et demeure la voie du Hamas. Alors maintenant, tout a soudainement changé ? L'Éthiopien a-t-il changé de peau et le léopard ses taches ?
La formule présentée à la fin de la semaine ne doit pas être acceptable pour Israël. Le test ne concerne pas seulement Nétanyahou et son gouvernement, mais tout le système politique, y compris les rivaux de Nétanyahou. Les dirigeants de l'opposition sioniste, de Yaïr Golan et au-delà, sont tenus de mettre la politique de côté et de clarifier, malgré les élections, que la résistance de Nétanyahou face à Trump sur cette question et la mise en lumière du faux désarmement et de la tromperie du Hamas recevront leur soutien et un large appui politique.