États-Unis : Laura Loomer accusée de paiements cachés pour des posts politiques

La militante américaine Laura Loomer est accusée d'avoir reçu des paiements non déclarés de donateurs privés pour relayer des messages politiques en faveur de Donald Trump.

États-Unis : Laura Loomer accusée de paiements cachés pour des posts politiques
Photo : Unsplash / Julian

La militante d'extrême droite Laura Loomer, partisane influente et bien connectée du président des États-Unis Donald Trump, fait face à de graves accusations d'avoir accepté des paiements non déclarés de la part d'entités privées pour diffuser des messages politiques sur les réseaux sociaux. Selon une enquête publiée par le Washington Post, ces allégations ont été soulevées par Alex Bruesewitz, conseiller de campagne de Donald Trump pour 2024, ainsi que par trois autres sources s'exprimant sous couvert d'anonymat, dont deux affirment avoir payé directement Loomer pour relayer des messages politiques sur son compte X, suivi par environ 1,9 million d'utilisateurs.

Selon les éléments recueillis, Loomer facture entre 3 000 et 5 000 dollars par publication, et parfois davantage. Des documents financiers obtenus par le journal révèlent quatre virements bancaires d'un montant total de plus de 60 000 dollars, effectués depuis mai dernier vers une société enregistrée à son nom en Floride. Âgée de 33 ans, Loomer a catégoriquement rejeté ces accusations lors d'un entretien avec le quotidien, se définissant comme une journaliste et une militante politique. Elle a soutenu que les sommes reçues rémunéraient des services de conseil et des recherches d'opposition, et non la rédaction de publications.

"Je ne suis pas une influenceuse qui gagne de l'argent grâce à des tweets, mon entreprise fait des relations publiques et des enquêtes", a déclaré Loomer, ajoutant qu'il n'est pas illégal de gagner sa vie en Amérique. Peu de temps après, elle a annoncé de manière inattendue une interruption de son émission en ligne afin de retrouver un équilibre de vie et de préparer son mariage.

Cette affaire met en lumière l'influence considérable de Loomer au sein de l'administration actuelle. Durant le second mandat de Donald Trump, elle l'a rencontré dans le Bureau ovale et aurait participé à des recommandations visant à écarter des hauts fonctionnaires du Conseil de sécurité nationale qui avaient fait l'objet de ses critiques publiques. Des sources ayant fait appel à ses services ont souligné qu'elle constitue une messagère particulièrement efficace offrant un accès direct au président, tout en étant difficile à maîtriser.

"Elle est comme une bombe atomique, il faut faire attention à la façon dont on l'utilise", a estimé l'une des sources. De son côté, Loomer a interprété cette remarque comme un compliment, affirmant qu'elle n'avait pas l'intention de s'excuser de monétiser la crainte qu'elle inspire. Le manque de transparence dans l'industrie des influenceurs politiques demeure une zone grise sur le plan juridique, les autorités commerciales américaines exigeant la transparence pour la promotion de produits commerciaux, tandis que les publications politiques sur les réseaux sociaux ne sont pas soumises à une réglementation aussi stricte.

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