À la vôtre ! Votre vin est 270 % plus cher

Pourquoi un vin français abordable à 5,5 euros se vend-il 70 shekels en Israël ? Nous avons suivi le parcours de la bouteille, du domaine viticole jusqu'au rayon, pour comprendre comment la logistique, les taxes et la bureaucratie gonflent le prix final.

CalcalistAuteur : Shaked Green Arava
Source
À la vôtre ! Votre vin est 270 % plus cher
Photo : Calcalist / צילום: דניאל קמפוס

Les clients de la chaîne Monoprix au centre de Paris font face à un choix immense de vins. La marque La Vieille Ferme y coûte 5,5 euros (environ 19 shekels), ce qui en fait un vin « quotidien » populaire. En Israël, la situation est différente : il est difficile à trouver et son prix peut atteindre 70 shekels. Comment le prix est-il multiplié par 3,5 ? Le « Supplément Calcalist » a retracé ce parcours.

Première étape : le départ du domaine

Selon les importateurs, la société Shaked, détentrice de la franchise exclusive, paie au domaine environ 10,4 shekels par bouteille, sur la base d'une grosse commande (de 6 000 à 12 000 bouteilles).

Deuxième étape : l'immigration en Israël

Le transport terrestre vers le port de Marseille ajoute 99 agorot, le transport maritime 2,17 shekels et l'assurance 20 agorot, soit un total de 3,36 shekels. L'utilisation de conteneurs réfrigérés pour protéger le vin de la chaleur ajoute jusqu'à 1,2 shekel. La logistique vers Israël peut augmenter le coût de 2 à 5 shekels avant même l'arrivée au port.

Troisième étape : logistique locale et bureaucratie

Au port d'Ashdod ou de Haïfa, s'ajoutent les frais de dédouanement (2,77 shekels) et de licence (1,38 shekel). Le vin étant classé « produit alimentaire sensible », chaque étiquette nécessite des tests en laboratoire. Les importateurs dénoncent une bureaucratie lourde : licencier une série de dix étiquettes peut coûter 10 000 shekels. Le prix atteint 17,89 shekels.

Quatrième étape : droits de douane

Israël impose 12 % + 1,41 shekel par litre, avec un plancher minimum de 3,9 shekels par bouteille. Pour les vins bon marché, cela représente près de 38 % du prix d'achat initial. Les droits de douane augmentent le prix de 23 %. Le coût est désormais de 20,42 shekels.

Cinquième étape : chaîne d'approvisionnement et marges

L'importateur ajoute en moyenne 35 % (11,68 shekels) et le magasin environ 30 % (14,3 shekels). Avec la TVA (8,6 shekels), le prix en rayon est de 56,4 shekels. En pratique, il varie entre 50 et 70 shekels.

Résumé : la « taxe de jeunesse »

La production de vin casher ajoute au moins 10 % au prix. Les experts soulignent que le marché souffre d'un manque de concurrence et d'une forte propension des consommateurs à payer des prix élevés. Selon Gal Zohar de la W Wine School, le marché arrive à maturité et les consommateurs finiront par exiger un meilleur rapport qualité-prix.

Dans la même rubrique