La révolte des juristes, partie 1 : La révolution d'Aharon Barak pour changer la démocratie
Dans un État démocratique normal, l'ordre est clair : le public élit le législateur, le législateur établit la loi et le juge l'interprète. Cependant, le premier épisode de la série « La révolte des juristes » soutient qu'en Israël, au fil des décennies, cet ordre a été inversé — discrètement, sans annonces officielles et sans que le public ne soit invité à participer au processus.

Dans un État démocratique normal, l'ordre est clair : le public élit le législateur, le législateur établit la loi et le juge l'interprète. Cependant, le premier épisode de la série « La révolte des juristes » soutient qu'en Israël, au fil des décennies, cet ordre a été inversé — discrètement, sans annonces officielles et sans que le public ne soit invité à participer au processus.
L'épisode se concentre sur la figure d'Aharon Barak, qui a été perçu pendant des années comme un symbole du droit étatique, mais qui, derrière son apparence calme, a mené l'une des plus grandes révolutions gouvernementales de l'histoire du pays. La révolution ne s'est pas faite par référendum ou par un débat constitutionnel ordonné, mais a été construite couche par couche par le biais de décisions judiciaires, de doctrines et de l'extension des pouvoirs de la Cour suprême.
De l'affaire des dollars au principe du « tout est justiciable »
Le processus a commencé lors du mandat de Barak en tant que conseiller juridique du gouvernement dans l'affaire du compte en dollars de Rabin. Là, Barak a identifié le pouvoir inhérent au droit de recours. Pas à pas, il a construit le concept selon lequel « tout est justiciable ». La signification, comme le décrit l'avocat Yoram Sheftel dans la série, est la concentration d'un pouvoir absolu :
« Celui qui décide du domaine devient le souverain suprême... 'Le monde entier est plein de droit' signifie — je vais gérer la politique ».
La série montre comment les outils juridiques construits — le précédent Deri-Pinhasi et le principe de raisonnabilité — ont modifié l'équilibre des pouvoirs. Le Dr David Peter explique dans la série les conséquences pratiques du principe de raisonnabilité sur le fonctionnement du gouvernement :
« La Cour plonge sa main dans la tête du ministre et parle par sa gorge comme une marionnette. Ils transforment les ministres en une coquille vide sous leur contrôle ».
1995 : Le moment où tout a changé
Le point culminant de l'épisode est la révolution constitutionnelle de 1992, officiellement déclarée en 1995 dans l'arrêt « Banque Mizrahi ». Les lois, adoptées à une courte majorité et sans débat public approfondi, sont devenues entre les mains de Barak un outil permettant à la Cour suprême d'annuler la législation de la Knesset.
« Nous allons voter aux urnes, le législateur adopte les lois que nous demandons... mais celui qui a le dernier mot, celui qui décide de la vie ou de la mort de cette loi, c'est la Cour suprême », explique le Dr Shaul Sharf.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, remet également en question dans l'épisode l'expertise unique que les juges se sont arrogée : « Où apprend-on, où est cette école de l'équilibre entre une chose et une autre ? Je pensais que l'équilibre était une question de priorités, et finalement, ces choses sont faites par chacun d'entre nous lorsque nous déposons notre bulletin de vote ».
La question démocratique
« La révolte des juristes » ne cherche pas seulement à traiter de questions juridiques arides, mais à soulever une question démocratique fondamentale : lorsque le pouvoir passe à un petit groupe de personnes que personne n'a élues et qui ne peuvent être critiquées — que reste-t-il du droit du public à déterminer son propre destin ?
Aharon Barak ne s'excuse pas pour le système qu'il a construit, mais la série révèle comment ce système a commencé à fonctionner systématiquement non seulement pour interpréter la loi, mais pour se protéger de toute critique extérieure, tout en utilisant son immense pouvoir contre les représentants élus du public.
Aucune réponse n'a été reçue de la part d'Aharon Barak.



