La guerre des clubs de cartes de crédit a coûté cher aux entreprises
La concurrence agressive entre les sociétés de cartes de crédit, alimentée par la bataille pour la franchise FLY CARD, a entraîné des dépenses marketing importantes. Isracard et Cal affichent une croissance de leurs portefeuilles de crédit dans un contexte de changement de direction.

La concurrence entre les sociétés de cartes de crédit ces derniers mois n'a jamais été aussi intense, soulevant des questions sur ce dont le public aurait pu bénéficier si la concurrence bancaire avait été similaire. Le moteur principal de cette dynamique est l'acquisition d'Isracard par le groupe Delek, qui a affecté le secteur de deux manières.
Premièrement, le « détournement » de la franchise de la FLY CARD, la carte de crédit émise pour le club de grands voyageurs d'El Al en mars, considérée comme l'une des cartes non bancaires les plus rentables du marché. Cette décision a impacté les résultats d'Isracard et de Cal au deuxième trimestre. Depuis juin, Isracard a émis environ 250 000 cartes. Le marketing agressif a porté ses fruits, mais a entraîné des dépenses de dizaines de millions de shekels par trimestre. On estime qu'en 2026, les coûts marketing réduiront le bénéfice avant impôts de jusqu'à 150 millions de shekels. Par conséquent, le bénéfice d'Isracard, hors revenu exceptionnel de la vente de ses parts dans BuyMe, n'a atteint que 15 millions de shekels, malgré une hausse de 11 % des revenus. L'entreprise reste optimiste, estimant que la FLY CARD générera au moins 120 millions de shekels de bénéfices par an.
Cal, privée de son club le plus important, a réagi rapidement en lançant la carte FlyAll, basée sur le modèle Sky Max. Elle a recruté environ 130 000 clients, mais là aussi, les efforts marketing ont coûté des dizaines de millions de shekels. L'entreprise a pris une mesure comptable controversée en ne traitant pas les 23 millions de shekels de remboursement de subventions marketing d'El Al comme un impact ponctuel, présentant ainsi un bénéfice net de 104 millions de shekels. Il n'est pas certain que ce marketing agressif suffise à compenser la perte du club.
La concurrence se reflète également dans les portefeuilles de crédit. Au dernier trimestre, Isracard a comblé un écart historique dans le portefeuille de consommation, avec une hausse annuelle de 16,6 % à 9,31 milliards de shekels, égalant presque celui de Cal (9,32 milliards). Les deux entreprises ont connu une croissance significative dans le crédit automobile : le portefeuille d'Isracard a bondi de 31 % à 1,67 milliard de shekels, tandis que celui de Cal a atteint 1,07 milliard. Dans le portefeuille d'affaires, Isracard maintient une supériorité absolue avec 3,75 milliards de shekels (+27,9 %) contre environ 1,6 milliard pour Cal.
Les effets macroéconomiques et l'opération « Rugissement du lion » en avril ont également pesé. Isracard a enregistré une forte érosion des commissions sur transactions à l'étranger à 35 millions de shekels (contre 67 millions l'an dernier), tandis que Cal a montré une reprise plus tardive avec 71 millions. La croissance rapide des portefeuilles a alourdi les pertes sur crédits, qui ont plus que doublé chez Isracard à 83 millions de shekels et grimpé à 60 millions chez Cal.
Enfin, l'acquisition a déclenché un jeu de chaises musicales. Yafit Griani, ex-directrice générale adjointe d'Isracard, a été nommée PDG de Cal, tandis qu'Itamar Forman a pris la tête d'Isracard. Le secteur compte désormais des PDG avides de succès, certains avec des griefs historiques. Si l'accord Horesh-Harel pour acquérir Cal est approuvé, le marché peut s'attendre à une concurrence encore plus féroce, les acteurs cherchant à se venger du concurrent ayant volé leur club phare.





