Affrontement à la Knesset autour de la hausse du budget de la défense

La proposition de Benjamin Nétanyahou d'augmenter le budget de la défense de 40 milliards de shekels se heurte aux exigences de l'opposition concernant les fonds de coalition en période électorale.

CalcalistAuteur : צבי זרחיה
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Affrontement à la Knesset autour de la hausse du budget de la défense
Photo : Calcalist / צילום: שלו שלום

La proposition du Premier ministre Benjamin Nétanyahou d'augmenter le budget de la défense pour 2026 d'environ 40 milliards de shekels par le biais d'une législation spéciale devrait inclure des augmentations des budgets civils, notamment des fonds à des fins politiques, pour les implantations et pour des ministères superflus, estiment des sources à la Knesset. Nétanyahou fait la cour aux électeurs du public sioniste religieux et des "srougيم" (tricots de kippa) afin d'empêcher une fuite des voix vers le parti "Am Yisrael" dirigé par Ofer Winter, la liste "Be-Yachad" menée par Naftali Bennett et le parti "Yashar!" dirigé par Gadi Eisenkot.

Cette hypothèse repose sur le fait que le gouvernement peut soumettre un projet de loi d'augmentation budgétaire à la Knesset même pendant la période de récession électorale actuelle. Par conséquent, le Premier ministre n'a nul besoin du soutien du chef de l'opposition, le député Yaïr Lapid (Yesh Atid), qu'il a invité à soutenir la hausse du budget de la défense. De plus, Lapid a annoncé qu'il soutenait l'augmentation du budget de la défense, mais exigeait des coupes dans les fonds de coalition et les subventions gouvernementales destinées aux réfractaires au service militaire au sein de Tsahal. Nétanyahou dispose d'une majorité de 68 députés à la Knesset provenant de la coalition et des partis ultra-orthodoxes Judaïsme unifié de la Torah, Shas et Noam dirigé par Avi Maoz, le dispensant ainsi de tout soutien de l'opposition.

Les enjeux de la procédure parlementaire

Dans une telle configuration, les sources parlementaires estiment que le projet de loi gouvernemental pourrait englober des majorations de budgets civils, par exemple pour les implantations, ce qui implique une procédure spécifique en période électorale. Selon l'avis de la conseillère juridique de la Knesset, Me Sagit Afik, le gouvernement peut légitimement légiférer pour accroître le budget de la défense en période électorale. Néanmoins, la poursuite du processus législatif au sein de la commission des Finances doit obéir aux règles en vigueur lors des campagnes électorales.

Pour réunir la commission des Finances en vue des deuxième et troisième lectures, l'accord de la "Commission des ententes", associant coalition et opposition, est requis. Tant qu'il s'agit strictement de transferts de fonds dévolus à la défense, l'opposition ne s'oppose pas à la tenue de la commission. Cependant, dès que le texte intégrera des attributions politiques en faveur des yechivot, des implantations, des avant-postes et des ministères superflus, l'aval de l'opposition deviendra obligatoire, ce que cette dernière refuse catégoriquement.

Le bras de fer autour de l'enveloppe de 40 milliards de shekels ne concerne donc pas tant les besoins militaires que la crainte de mesures d'austérité et le financement de priorités politiques. Pour accroître le budget de la défense, il est impératif d'adopter une nouvelle loi de finances, de relever le plafond des dépenses et d'ajuster le « numerator » ainsi que l'objectif de déficit, ce qui nécessitera des coupes budgétaires et des hausses d'impôts.

Malgré l'opposition, la coalition peut faire avancer le texte grâce aux prérogatives du président de la Knesset, le député Amir Ohana (Likud), qui peut autoriser la commission des Finances à siéger pendant les vacances parlementaires en invoquant des circonstances exceptionnelles. Le Likud et Yesh Atid continuent de s'affronter sur la responsabilité de ce blocage, un débat qui sert leurs intérêts respectifs à l'approche des urnes.

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