Faut-il casser son Keren Hishtalmut pour rembourser son crédit ?
Faut-il liquider son keren hishtalmut pour rembourser son prêt immobilier ? Analyse comparative entre rendement boursier, fiscalité et coût du crédit.

Lorsque l'on dispose de 400 000 shekels dans un fonds de formation (keren hishtalmut) déjà liquide, tout en remboursant un prêt immobilier au taux d'environ 4,5 %, la tentation d'apurer la dette immédiatement est tout à fait compréhensible. Pourquoi continuer à verser des intérêts à la banque alors qu'il est possible de retirer l'argent et d'effacer une grande partie du passif ? Pourtant, une telle démarche risque de faire perdre l'avantage majeur qu'offre ce produit d'épargne.
Sur un profil d'investissement général composé d'environ 40 % d'actions et le reste en obligations, un rendement annuel moyen de l'ordre de 6 % constitue une hypothèse de travail raisonnable à long terme. Bien que les performances de ces dernières années aient été nettement supérieures, il est difficile d'imaginer que cette tendance se poursuive indéfiniment. Par exemple, 400 000 shekels laissés dans le fonds et capitalisant à 6 % par an atteignent environ 716 000 shekels après 10 ans, et près de 959 000 shekels après 15 ans, frôlant ainsi le million sans le moindre apport supplémentaire.
Avantages Fiscaux et Capitalisation
Contrairement à un portefeuille boursier classique où les plus-values réalisées sont généralement soumises à un impôt de 25 %, les gains accumulés au sein d'un keren hishtalmut bénéficient d'une exonération totale. Le produit reste extrêmement avantageux depuis les versements initiaux — où l'employeur verse généralement 7,5 % et le salarié 2,5 % — jusqu'à la phase de croissance non imposable et au retrait final.
Pour évaluer s'il est opportun de liquider le fonds pour rembourser le crédit, il convient de comparer les gains potentiels du fonds aux coûts de l'emprunt. En supposant qu'il reste 400 000 shekels sur une période de 10 ans à 4,5 % d'intérêt, la mensualité pour cette part s'élève à environ 4 146 shekels, et le total des intérêts sur la période atteint près de 97 000 shekels. Retirer l'épargne pour solder le crédit garantit l'économie de ces intérêts tout en libérant 4 146 shekels chaque mois. Il s'agit d'une économie certaine, exempte de volatilité boursière.
L'importance du Réinvestissement
Pour mener une comparaison rigoureuse, il faut observer le sort réservé aux liquidités ainsi dégagées. Si le ménage utilise les 4 146 shekels mensuels pour ses dépenses courantes, il renonce à un actif de 400 000 shekels qui aurait pu fructifier considérablement. Si, en revanche, il réinvestit l'intégralité de cette somme chaque mois dans un portefeuille classique au taux de 6 %, la comparaison devient plus équitable. Après dix ans, un versement mensuel de 4 146 shekels atteint environ 679 000 shekels avant impôt, et entre 630 000 et 640 000 shekels après impôt sur les plus-values.
La décision dépend largement de l'horizon temporel de la famille, de sa tolérance à la volatilité des marchés et de son besoin de liquidités en cas d'imprévu.
Liquidité et Sérénité d'Esprit
Au-delà de la stricte arithmétique financière, 400 000 shekels placés dans un fonds liquide constituent un volant de sécurité indispensable. En cas de perte d'emploi, de dépenses médicales ou d'opportunité soudaine, l'argent reste accessible. Une fois injecté dans la pierre par le remboursement anticipé du prêt, ce capital se transforme en fonds propres immobiliers, réduisant la trésorerie disponible.





