Julius Baer : une correction de l'IA pourrait restaurer le rôle refuge des obligations
Selon Julius Baer, une correction du secteur de l'IA pourrait réduire l'inflation et permettre aux bons du Trésor américain de retrouver leur rôle historique de protection de portefeuille.

Le secteur de l'intelligence artificielle (IA) a dominé les marchés mondiaux en partant du principe qu'il n'est pas sensible aux taux d'intérêt, mais qu'il est alimenté par l'innovation. Cependant, les récents mouvements du marché signalent un scénario inverse et plus dangereux : les taux d'intérêt devraient devenir particulièrement sensibles aux fluctuations de l'IA en cas de repli des marchés.
Une analyse du département de recherche de la banque Julius Baer conclut qu'une correction brutale du secteur technologique et de l'IA agirait comme un choc de demande négatif classique. Un retrait rapide des dépenses d'investissement des géants technologiques affaiblira directement l'activité commerciale générale. Parallèlement, l'impact sur la richesse boursière du public et le ralentissement des embauches éroderont la consommation privée.
Impact sur l'infrastructure et l'inflation
Au-delà de l'impact direct sur la consommation, la réduction massive des investissements dans les centres de données et les infrastructures informatiques allègera rapidement la demande d'électricité et d'équipements qui connaissaient des pénuries.
Cette chaîne de processus devrait finalement entraîner une baisse directe des pressions inflationnistes mondiales, un scénario macroéconomique dans lequel les obligations gouvernementales ont une longue et éprouvée histoire de protection des portefeuilles.
Le dilemme du marché obligataire
L'appréhension actuelle des investisseurs à l'égard des obligations est compréhensible au vu de l'histoire récente : aujourd'hui, la corrélation entre les actions américaines et les obligations à 10 ans est proche de son plus haut niveau depuis 30 ans.
"Les obligations d'État devraient retrouver leur rôle historique traditionnel et offrir des rendements positifs lors des baisses brutales des actions", souligne Afonso Borges de Julius Baer.
Par conséquent, la banque recommande aux investisseurs d'adopter une position de surpondération sur la duration moyenne des obligations du gouvernement américain, les considérant comme une protection essentielle.





