Élections en Israël : les partis face au défi du financement des promesses
À l'approche des élections en Israël, des experts économiques analysent la viabilité financière des programmes des partis face à la hausse des dépenses militaires et du déficit.

Les prochaines élections législatives en Israël remettent au premier plan un dilemme économique fondamental : comment les partis politiques comptent-ils financer leurs promesses dans un contexte de flambée des dépenses de défense ? Depuis le début du conflit le 7 octobre 2023, le budget sécuritaire du pays a bondi d'environ 100 milliards de shekels par an, une charge financière appelée à rester élevée au cours de la décennie à venir. Des experts de l'Institut israélien de la démocratie, de la Fondation Berl Katznelson, du Forum Arlozorov et du Forum Kohelet soulignent que le futur gouvernement devra impérativement choisir entre des hausses d'impôts, des coupes dans les services publics, une réduction des dépenses militaires ou un endettement accru.
Afin d'évaluer la crédibilité économique des formations en lice, des experts ont analysé leurs programmes à travers un indice de populisme. Si des partis tels que Yesh, BeYachad, Israël Beytenou, Les Démocrates, la Liste commune et le Sionisme religieux ont proposé divers mécanismes de financement, le Likoud, le Shas et Otzma Yehudit ont refusé de répondre. Par conséquent, les experts ont évalué ces derniers sur la base de leur action gouvernementale passée et de leurs déclarations publiques.
Propositions des partis et analyses des experts
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Yesh : Le parti propose de financer ses projets par des coupes budgétaires, notamment la suppression des fonds de coalition, la révision des allocations pour les populations inactives et la fermeture de ministères superflus. Les experts soulignent que ces mesures pourraient s'avérer insuffisantes pour couvrir les investissements de croissance à long terme.
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BeYachad : La liste électorale conjointe menée par Naftali Bennett et Yair Lapid suggère de réallouer les priorités budgétaires en supprimant les fonds de coalition et en encourageant le secteur technologique. Les économistes relèvent toutefois que le programme ne couvre pas l'intégralité de certaines promesses coûteuses, telles qu'un bon de logement d'un million de shekels pour les réservistes.
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Israël Beytenou : Prônant l'efficacité du secteur public, des retraites volontaires sans remplacement de postes et la suppression des allocations familiales à partir du cinquième enfant, le parti vise à financer les infrastructures. Les experts avertissent que ces mesures ne suffiront pas à couvrir une hausse significative du budget de la défense.
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Les Démocrates : Proposant de réorienter les fonds en éliminant les avantages sectoriels et de réduire les jours de réserve, le parti évoque également un impôt ciblé modeste. Les analystes notent que Les Démocrates se distinguent par l'indication de sources de financement quantitatives explicites.
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Liste commune : Axée sur la taxation des actifs du capital et un règlement diplomatique censé générer des économies substantielles, la proposition a été saluée pour son approche de l'équité fiscale, bien que sa faisabilité à court terme soit remise en question.
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Sionisme religieux : Mené par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le plan du parti repose sur l'élargissement de l'assiette fiscale grâce à la numérisation, la mobilisation de capitaux privés pour la défense et un fonds national d'infrastructures. Les analystes rappellent toutefois que les capitaux privés constituent une forme de dette.
Selon l'Institut israélien de la démocratie, le déficit structurel et la hausse des paiements d'intérêts sur la dette nationale signifient que le prochain gouvernement ne pourra pas accroître indéfiniment les dépenses militaires tout en maintenant des services publics de qualité sans consentir à des arbitrages difficiles.




