Les entrepreneurs de la tech israélienne rentrent voter sur fond de craintes économiques

Des entrepreneurs de la tech israélienne reviennent de l'étranger pour voter aux élections de la Knesset, cherchant à garantir la stabilité économique face aux craintes de sanctions.

Les entrepreneurs de la tech israélienne rentrent voter sur fond de craintes économiques
Photo : Noam Chen / Israeli Ministry of Tourism (data.gov.il)

Des centaines de gestionnaires de fonds de capital-risque et d'entrepreneurs technologiques israéliens ont quitté la Silicon Valley, Manhattan et Denver pour rentrer en Israël et participer aux prochaines élections de la Knesset. Ce déplacement est perçu par nombre d'entre eux comme un acte de gestion des risques et une nécessité pour protéger leurs entreprises face aux préoccupations croissantes concernant la place d'Israël sur la scène internationale.

L'inquiétude du secteur technologique face aux sanctions

L'anxiété au sein de l'écosystème tech a atteint son paroxysme après les déclarations du Premier ministre Benyamin Nétanyahou concernant la préparation de plans face à d'éventuelles sanctions internationales, suggérant notamment le recours aux cryptomonnaies pour contourner le système bancaire traditionnel. Ces propos ont suscité de vives réactions dans l'industrie, plusieurs dirigeants avertissant qu'une exclusion des réseaux financiers mondiaux compromettrait l'avenir de l'innovation dans le pays.

Alon Cohen, fondateur de CyberArk et de la société de sécurité financière nsKnox, a souligné qu'aucune entreprise technologique ne pouvait prospérer dans un État coupé des circuits bancaires internationaux. Selon les acteurs du secteur, la transparence financière et la confiance des investisseurs étrangers demeurent des impératifs absolus.

Résilience économique et stabilité politique

Malgré un contexte géopolitique complexe, le secteur des hautes technologies continue de porter l'économie israélienne. D'après le rapport de l'Autorité de l'innovation d'Israël pour 2026, les exportations technologiques ont atteint le chiffre record de 85 milliards de dollars, représentant près de 58 pour cent des exportations totales du pays.

Ezra Gardner, associé gérant chez Varana Capital, observe que si les investisseurs européens et asiatiques affichent une certaine réserve, les partenaires américains continuent de privilégier la stabilité réglementaire et l'excellence technologique d'Israël, notamment dans l'intelligence artificielle et les semi-conducteurs. Pour Omer Davidi, cofondateur et dirigeant de BeeHero, l'instauration d'un climat de stabilité politique claire constitue la condition sine qua non pour renouer avec une croissance durable.

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