Infrastructures en Israël : les experts alertent sur les retards et les obstacles
Des experts alertent sur les retards structurels, les obstacles réglementaires et les interférences politiques menaçant les infrastructures critiques d'Israël dans les transports et l'eau.

Israël fait face à un besoin urgent d'investissements massifs dans ses infrastructures nationales, mais des lacunes de planification, des obstacles réglementaires et des ingérences politiques menacent de freiner leur développement. Ces problématiques ont été au cœur d'un panel intitulé « L'avenir des infrastructures en Israël », modéré par Amir Kurtz pour Calcalist.
Parmi les intervenants figuraient Yael Salomon de l'Administration de la planification, Gilad Oshri, responsable des grandes entreprises et des infrastructures à la Banque Leumi, Eyal Ben David, vice-président du développement chez Mekorot, Erez Hasdai, vice-président de l'économie et de la réglementation chez Bezeq, ainsi que Ziv Sadeh, vice-président de la concession et des infrastructures chez Dan Public Transportation.
Un « découvert » structurel et des défis de planification
Ouvrant les débats, Gilad Oshri de la Banque Leumi a averti qu'Israël fonctionne dans une sorte de « découvert » développemental. Selon lui, les planificateurs se concentrent trop souvent sur les besoins de la décennie précédente plutôt que sur les exigences futures, entraînant un retard persistant.
Malgré les difficultés économiques, Oshri a souligné que les efforts du Comptable général ont permis de maintenir les appels d'offres en cours. Toutefois, il a mis en garde contre l'ampleur titanesque du projet de métro de Tel-Aviv, estimant qu'une coordination financière et réglementaire rigoureuse est indispensable pour éviter l'asphyxie.
Crise des déchets et déblocage des licences
Yael Salomon, de l'Administration de la planification, a désigné la gestion des déchets comme l'une des urgences nationales les plus critiques. Elle a averti que les capacités de mise en décharge s'épuiseront d'ici un an, alors qu'il faut une décennie pour développer un nouveau site.
Salomon a indiqué que l'Autorité nationale des licences a été élargie pour éliminer les goulets d'étranglement dans les secteurs de l'énergie et du stockage. Elle a cité en exemple l'approbation récente de la centrale électrique de Sorek, soulignant le rôle crucial du secteur privé dans l'accélération des projets d'énergie solaire.
Transports et sécurité hydrique
De son côté, Ziv Sadeh de Dan Public Transportation a rappelé qu'Israël accuse des décennies de retard en matière d'infrastructures de transport. L'entreprise se prépare à participer au projet de métro tout en développant des flottes d'autobus électriques à 90 %, tout en soulignant que seule une intégration multimodale permettra de réduire la dépendance à la voiture individuelle.
Concernant l'eau, Eyal Ben David de Mekorot a insisté sur l'intégration des nouvelles usines de dessalement, telles que celle de Galilée occidentale, tout en soulignant la nécessité de préserver la fiabilité des aquifères face aux risques environnementaux.
Enfin, Erez Hasdai de Bezeq a relevé le contraste du secteur télécom : si le pays brille par sa fibre optique, il stagne au 67e rang mondial pour la téléphonie mobile en raison d'une politique de prix bas ayant freiné l'innovation.





